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La situation actuelle du crime organisé à Edmonton et dans le nord de l’Alberta tient davantage d’une révolution que d’une évolution. Si l’on considère un gang de rue comme un groupe circonscrit et peu organisé qui se définit en fonction de son territoire, présente une hiérarchie minimale et commet des crimes en fonction d’un objectif très limité, alors notre région en a vu très peu. Par contre, elle regorge d’organisations et de réseaux criminels perfectionnés, bien structurés et composés de personnes éduquées.
Avant les années 80, l’activité mafieuse dans notre région prenait la forme de groupes du crime organisé traditionnel (COT) et de bandes de motards criminalisés (BMC). Avant et après la Seconde Guerre mondiale, des immigrants venus de la région méditerranéenne, d’Asie, d’Europe de l’Est et du Moyen-Orient ont établi des communautés très unies mais isolées à Edmonton et dans les environs. Ces communautés ont donné naissance à des groupes du COT qui affichaient une organisation, une classe et un raffinement étrangers aux BMC de l’époque. Cet environnement, compliqué par l’expansion tentaculaire des grands centres urbains et par les vastes distances entre eux, a permis aux groupes du COT d’exercer leurs activités sous le couvert d’un certain anonymat et d’échapper ainsi aux mesures de répression.
C’est à la fin des années 80 et au début des années 90 que sont apparus les premiers gangs de rue dans la région d’Edmonton. Il s’agissait de groupes du crime organisé formés de nouveaux immigrants d’Asie du Sud-Ouest et du Sud-Est, dont bon nombre présentaient la hiérarchie peu organisée typique des gangs de rue, visible aux tatouages, aux marques distinctives, aux vêtements et aux véhicules de leurs membres. Leurs principales activités : trafic et distribution de cocaïne. Le Projet KACHOU, une enquête mixte visant les principaux groupes criminalisés du secteur, a entraîné le fractionnement de ces gangs, mais a aussi révélé à toutes les organisations criminelles des environs les quelques tactiques et stratégies à la disposition de la police.
Après un bref conflit qui a éclaté en 1999 entre les groupes morcelés par le Projet KACHOU et d’autres groupes criminalisés naissants, la communauté mafieuse s’est rapidement unifiée pour tirer profit de la croissance économique dans la région. Aujourd’hui, la police d’Edmonton est aux prises avec des groupes qui présentent un degré inouï de collaboration, de souplesse et d’agilité, réalité directement attribuable à l’état de l’économie dans la province. Le Groupe antigang de la police métropolitaine d’Edmonton reconnaît présentement l’existence de 25 entreprises criminelles actives, dont 24 ont une portée provinciale ou territoriale, nationale et internationale.
Devant ce phénomène, nous avons créé une équipe de répression aussi souple et agile que les réseaux qu’elle cible. Le Groupe antigang de la police métropolitaine d’Edmonton est pleinement intégré au district de la capitale provinciale de la GRC et partiellement financé par le Solliciteur général de l’Alberta. Cette relation nous permet de parcourir la province pour enquêter sur les éléments qui se trouvent à l’extérieur de notre territoire traditionnel. Nous utilisons toutes les techniques d’enquête à notre disposition, depuis les visites de bars et de résidences jusqu’aux activités de surveillance et à l’interception de communications privées, pour juguler la croissance fulgurante des activités liées à ou motivés par des gangs dans l’Ouest canadien.
En 2001, le SPO a reconnu officiellement l’émergence des gangs de rue à Ottawa. D’où la création d’un groupe d’enquête sur les gangs composé de deux personnes. Ce groupe a rapidement déterminé qu’environ huit gangs composés d’une centaine de membres étaient présents dans les rues d’Ottawa.
L’Unité des bandes et des armes à feu du SPO compte maintenant 11 agents assermentés et un coordonnateur d’intervention auprès des jeunes. Il y a aujourd’hui à Ottawa 19 gangs de rue confirmés et environ 600 membres. Contrairement à de nombreuses villes au Canada, un gang de rue typique à Ottawa a une composition multiculturelle et une moyenne d’âge se situant entre 17 et 25 ans.
Selon des renseignements policiers de janvier 2006, des 600 membres de gangs de rue confirmés à Ottawa, 314 étaient nés à l’extérieur du Canada. De plus, deux gangs prédominants, les Bloods et les Crips, étaient composés de membres de 57 nationalités. La majorité des membres étaient des hommes. Seulement 30 femmes étaient membres et seulement 56 membres étaient âgés de moins de 18 ans. Sont apparus à Ottawa les gangs hybrides, c’est-à-dire des groupes multiculturels d’individus qui se rassemblent de façon moins organisée que les gangs de rue traditionnels et qui se préoccupent davantage d’argent que de territoire.
Au cours des deux dernières années, le SPO a vu une augmentation importante de la mobilité des gangs de rue à Ottawa. Les membres des gangs de rue d’Ottawa ne sont pas seulement de passage dans le corridor Toronto–Ottawa–Montréal, ils suscitent également l’intérêt des services de police des provinces de l’Ouest.
Le trafic de drogues et d’armes à feu ainsi que le proxénétisme sont des sources importantes de revenus pour les gangs de rue et le contrôle qu’ils ont sur ces activités s’est raffiné. L’exploitation sexuelle des jeunes filles est en hausse, favorisée semble-t-il par un réseau complexe de membres et d’associés de gangs de rue.
On peut dire sans hésiter que les organismes de répression et d’application de la loi jouent un rôle clé dans la lutte contre les problèmes liés aux gangs de rue. Cependant, il est clair que l’éducation et la sensibilisation jouent un rôle tout aussi important dans la prévention de la violence liée aux gangs de rue.
Cibler les initiatives de prévention auprès des enfants de huit ans et moins, de leurs gardiens ou parents, peut s’avérer bénéfique. Dès l’âge de neuf ans, de nombreux enfants des quartiers défavorisés sont approchés par des membres de gangs de rue.
De plus, il faut lutter contre les gangs de manière globale et tenir compte des victimes, des délinquants, des familles et des collectivités. Le programme d’intervention auprès des jeunes et de la déjudiciarisation du SPO, qui collabore avec le Club des garçons et filles d’Ottawa, est un partenaire clé pour déterminer les risques et la source du problème de gang afin de les traiter rapidement, de façon significative et appropriée.
Dans la municipalité régionale de Halifax (MRH), les gangs de rue inquiètent par la nature souvent publique de leurs actes de violence. Si d’autres provinces constatent chez ces bandes des conflits internes ou entre groupes rivaux, la violence observée dans la MRH tend plutôt vers l’arbitraire. Dans cette région, les questions territoriales ne sont pas courantes, mais les crimes liés aux gangs sont empreints de violence, ce qui suscite des craintes pour la sécurité publique.
Les gangs de rue de la MRH sont composés principalement de jeunes adultes qui commencent peut-être seulement par intimider leurs camarades de classe, mais qui finissent par passer à des infractions plus graves : méfaits, agressions, vols qualifiés dans la rue et autres vols, utilisation d’armes à feu et d’autres armes, narcotrafic, etc. Certains tremperaient dans la prostitution, et quelques-uns ont été accusés de tentative de meurtre.
Outre les bandes les plus actives dans la région, dont le Northend Darkside et le Young Mob, il existe des gangs aux activités plus sporadiques et à la composition instable. De nombreux groupes se montrent spontanés dans leurs activités illégales et possèdent des capacités criminelles de niveau faible ou moyen. La majorité des gangs de la MRH ne sont pas mobiles, ce qui signifie que leurs activités se concentrent dans les quartiers où ils habitent.
Dans bien des cas, ces gangs ont peu de chances de se complexifier, mais certains ont des liens directs avec d’autres groupes criminalisés dans le secteur. Par exemple, une organisation criminelle passe par des membres du Young Mob pour faire de l’intimidation au moyen d’agressions, entre autres, et pour forcer des gens à vendre de la drogue. D’autres organisations connues font voler des véhicules par des gangs de rues.
En 2004, le Centre canadien de la statistique juridique a réalisé une étude intitulée La victimisation criminelle au Canada, dont il est ressorti que, des 17 villes canadiennes sondées, Halifax présentait le taux de criminalité violente le plus élevé, soit 229 incidents violents par tranche de 1 000 personnes de plus de 15 ans. Les gangs de jeunes, avec leurs vols qualifiés dans la rue, leurs agressions et leurs infractions liées aux armes, y sont pour beaucoup.
Afin de juguler la violence et de calmer les inquiétudes relatives à la sécurité publique, la Police régionale de Halifax a mis au point plusieurs initiatives, dont les suivantes :
Ces initiatives semblent avoir réduit le nombre d’infractions violentes commises dans les lieux publics. En effet, on a compté 403 vols qualifiés dans la MRH en 2007, comparativement à 570 en 2006 et 528 en 2005. Selon des chiffres préliminaires, les patrouilles ciblées dans les quartiers où la présence de gangs est connue auraient également contribué à cette tendance.