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par Caroline Ross
Les pays du G8 et Interpol ont testé avec succès un tout nouveau réseau électronique qui permettra à leurs laboratoires judiciaires d’échanger et de rechercher instantanément des centaines de profils d’identification génétique qui pourraient être liés à des crimes graves.
Monté sur la plate-forme mondiale de communication policière d’Interpol (I-24/7), le réseau fournit aux spécialistes reconnus de l'ADN des pays du G8 une boîte aux lettres sécurisée qui permet d’envoyer et de recevoir en un clic de multiples profils d’identification génétique liés à des lieux de crime. Le laboratoire récepteur peut alors effectuer une recherche par comparaison dans ses propres bases de données des condamnés et des lieux de crime. Si le résultat est positif, les renseignements pertinents sont transférés dans le système principal I-24/7 et les organismes pertinents avisés.
C’est en juin 2007 que le réseau a été testé pour la première fois; les laboratoires judiciaires du FBI avaient alors envoyé un profil fictif à la Banque nationale de données génétiques (BNDG) de la GRC et aux laboratoires judiciaires du Royaume-Uni. Les deux destinataires avaient reçu la demande et renvoyé, en l’espace de quelques minutes, les résultats de leurs recherches au FBI.
Le réseau rationalisera le processus actuel, qui contraint les laboratoires participants à passer par Interpol pour envoyer leurs demandes. « Plusieurs pays télécopient leurs demandes, explique Sylvain Lalonde, gestionnaire de la technologie et de l'information à la BNDG, et après quelques transmissions les petits caractères s’estompent, rendant leur lisibilité difficile. Lorsque le réseau sera opérationnel, l’échange de données sera limpide.»
Le réseau est mis au point par le Groupe de travail Lyon/Rome du G8 sur les demandes de recherches de profils d’ADN, en partenariat avec Interpol. Les parties s’emploient à finaliser les exigences techniques et les cadres juridiques relatifs à l’échange de données en vertu de la Loi sur l’identification par les empreintes génétiques.
Bien qu’Interpol tient une base de données sur les profils d’identification génétique qui est accessible à l’ensemble des pays membres, la législation relative à la protection de la vie privée interdit à la plupart de ces pays de transmettre les profils des condamnés à la base de données.
Le nouveau réseau permettra aux pays du G8 d’échanger des données sur les échantillons d’ADN anonymes prélevés sur les lieux de crime en vue d’établir une correspondance, sans divulguer les profils d’identification génétique de personnes connues conservés dans leurs bases de données.