Gendarmerie royale du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Gazette - Récentes études policières

Information archivée dans le Web

Information identifiée comme étant archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Elle n'a pas été modifiée ni mise à jour depuis la date de son archivage. Les pages Web qui sont archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes applicables au Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez la demander sous d'autres formes. Ses coordonnées figurent à la page « Contactez-nous »

À L'AVANT-SCÈNE

Voici des extraits d’études récentes en matière de justice et d’application de la loi. Pour consulter la version intégrale des rapports, veuillez visiter le site indiqué à la fin de chaque résumé.

Making sense of partnerships: a study of police and public housing department collaboration for tackling drug and related problems on public housing estates.

Par Keith Jacobs et coll. pour le National Drug Law Enforcement Research Fund (Australia)

Ce projet vise à étudier les partenariats entre les services de police et les services du logement en vue d’aborder les enjeux liés aux drogues et au comportement antisociaux (CA) dans trois ensembles de logements sociaux australiens.

L’étude repose sur deux grandes prémisses : d’abord, que les comportements antisociaux (par exemple le vandalisme, le fait de jeter des ordures, les délits mineurs, l’intimidation et la contravention aux règlements sur le bruit) ainsi que la consommation de drogues sont souvent liés; ensuite, si les partenariats sont cités par les organismes gouvernementaux comme modèle pour aborder des problèmes complexes en matière de politique, il n’existait encore aucune étude empirique nationale sur l’expérience concrète des intervenants clés de la police et des services du logement à cet égard.

L’étude s’est étalée sur deux ans. Les résultats montrent que les partenariats de la police et des services du logement pour résoudre les problèmes liés à la drogue sont vus de façon positive (en théorie) par les deux intervenants. Toutefois, un éventail de facteurs peuvent miner les partenariats, notamment le manque de temps, le roulement de personnel, l’absence d’une définition du problème et les perspectives conflictuelles des différents services quant aux modes d’intervention pertinents.

Dans les trois localités, la signature des protocoles d’entente sur un partenariat entre la police et les services du logement a donné des résultats nuancés. Sur le plan positif, les partenariats ont favorisé les possibilités de réseautage et donné lieu à la mise en commun d’information sur les préoccupations communes et à un soutien continu aux démarches en place, dont le programme de policier du voisinage et de nouvelles initiatives comme une vérification des programmes de sensibilisation à la drogue et à l’alcool dans les écoles. Si rien ne prouve de façon concrète que ces collaborations ont eu un impact sur la réduction du crime et de l’activité liée aux drogues, elles s’inscrivent néanmoins dans un éventail d’interventions, dont les programmes de renouveau matériel et de mise en valeur des atouts de la collectivité, qui ont amélioré la situation des résidents.

Il est important de souligner que l’efficacité des partenariats a des limites. Les problèmes de la consommation de drogues et les comportements antisociaux dans les ensembles de logements sociaux sont, dans une certaine mesure, symptomatiques de problèmes plus profonds, comme la pauvreté et l’exclusion sociale.

Les partenariats sont le plus efficaces lorsqu’on aborde les racines du problème dans le contexte d’une stratégie de gestion du quartier. On trouvera en annexe du rapport un guide des pratiques exemplaires concernant les enjeux abordés dans l’étude.

Pour consulter le rapport intégral (monographie série no 26), visiter le site : www.ndlerf.gov.au/pub.php

L’évolution de la délinquance déclarée par la police chez les jeunes Canadiens nés en 1987 et en 1990

par Peter J. Carrington pour Statistique Canada

Le présent rapport traite de l'évolution, pendant l'enfance et l'adolescence, de l'activité criminelle consignée pour deux cohortes de Canadiens, soit ceux nés en 1987 et en 1990. Les données sont tirées des cycles du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire (DUC 2) qui ont été menés de 1995 à 2005. Au cours de cette période, les services de police de six provinces, qui assuraient des services de maintien de l'ordre à environ la moitié de la population du Canada, ont fourni des données sur la criminalité et sur les auteurs présumés dans le cadre du Programme DUC 2. Il s'agit de la première étude à grande échelle qui porte sur l'évolution de la délinquance au Canada et qui est fondée sur des données déclarées par la police.

Les résultats vont généralement dans le même sens que les conclusions de recherches semblables effectuées dans d’autres pays ainsi que de recherches canadiennes antérieures fondées sur les données des tribunaux. Les infractions consignées par la police sont assez courantes chez les adolescents canadiens. Selon les dossiers, la police a inscrit comme auteurs présumés dans une affaire criminelle un peu moins du cinquième des membres de la cohorte de naissance de 1987 — soit le quart des garçons et le huitième des filles — avant qu’ils aient atteint leur 18e anniversaire. Cependant, ceux-ci n’avaient pas tous été inculpés officiellement. Dans le cadre de la recherche, on a suivi des enfants nés en 1990 à partir de leur 5e anniversaire, et on a constaté que très peu d’enfants de moins de 12 ans figuraient dans les dossiers de la police à titre d’auteurs présumés.

Le nombre d’enfants et de jeunes impliqués dans des crimes consignés augmentait avec chaque année d’âge, passant de très peu d’enfants de 5 ans à un sommet de 1 adolescent sur 17 à l’âge de 16 ans. Le nombre annuel moyen d’affaires consignées par auteur présumé progressait également en fonction de l’âge, mais non de façon aussi spectaculaire que le nombre d’auteurs présumés dans la population.

La plupart des enfants et des adolescents avaient commis très peu d’infractions consignées, celles-ci étant surtout des crimes moins graves : vol mineur et autres infractions mineures contre les biens, et voies de fait simples. La majorité des auteurs présumés nés en 1987 n’avaient perpétré qu’une seule infraction consignée avant leur 18e anniversaire. Une minorité d’entre eux (10 %) avaient à leur actif 5 infractions consignées ou plus; ces multirécidivistes affichaient en moyenne 11 infractions chacun et, ensemble, ils étaient responsables de près de la moitié (46 %) de tous les crimes consignés imputés à des membres de la cohorte. Il y a peu d’indications que les auteurs présumés visés par l’étude étaient spécialisés dans un type de crime et, dans la majorité des cas où il y avait spécialisation, il s’agissait d’infractions contre les biens. Rien ne laisse entendre que les auteurs présumés avaient tendance à commettre progressivement des crimes de plus en plus graves.

Il est difficile de tirer des conclusions concernant la durée des carrières délinquantes et criminelles de cette population, car on ne dispose pas d’information sur ces carrières après le 18e anniversaire. On ignore donc si la carrière délinquante s’est poursuivie et est devenue une carrière criminelle à l’âge adulte.

Pour consulter la version intégrale du rapport (no de catalogue 85-561-MIF2007009), visiter le site : www.statcan.ca/bsolc/francais/bsolc?catno=85-561-MWF2007009

The ecosystem for organized crime

par Marcus Felson
Rutgers University

L’étude intellectuelle du crime organisé pose au moins quatre grands écueils : a) la difficulté d’effectuer une analyse globale tout en composant avec les exigences de la poursuite, b) la difficulté de comprendre la diversité de la collaboration criminelle, c) le fait de sous-estimer dans quelle mesure la collaboration criminelle intervient dans des activités légitimes et d) le fait de surestimer le degré de planification et de complexité nécessaire pour que joue la symbiose entre contrevenants.

La présente étude s’inspire des sciences de la vie pour analyser avec précision la collaboration criminelle dans toute sa diversité. Ce faisant, l’auteur établit 12 principes pour mieux comprendre l’écheveau des partenariats criminels. Il fait la distinction entre les aspects public, semi-public, semi-privé et privé de la collaboration, et souligne la dépendance du crime organisé sur les lacunes de la gestion de l’espace public.

La version télévisée du crime organisé montre des gens hautement organisés en complet-cravate en réunion autour d’une table, exerçant une coordination étroite dans de vastes secteurs avec force ingéniosité. Mais les spécialistes nous ont longtemps mis en garde : la version télévisée du crime organisé est essentiellement trompeuse – la majeure partie du crime organisé existe sur une échelle beaucoup plus petite et est bien moins coordonnée.

L’entrecroisement de nombreux crimes traduit une forte interdépendance. Les vols mineurs mènent au recel de biens volés, qui rapporte au voleur l’argent nécessaire pour acheter de petites quantités de drogues, ce qui mène au trafic à petite échelle pour ensuite alimenter un trafic d’envergure.

Cette enchaînement de crimes expose chacun de ceux-ci à un environnement plus vaste, sans lequel il ne peut prospérer.

Ces notions me mènent à formuler un ensemble inédit de recommandations pour la compréhension, voire la répression du crime organisé dans la société :

  • Cibler les actes, et non le groupe qui en est l’auteur.
  • Répartir les crimes organisés et coopératifs en catégories spécifiques.
  • Examiner la grande variété de collaborations et d’organisations criminelles.
  • Présumer un degré minime de complexité coopérative; de tels crimes sont rarement ingénieux.
  • Ne pas traquer l’argent, mais les transactions matérielles.
  • Ne pas chercher de mystérieux secrets; viser les aspects évidents ou quasi-évidents.
  • Chercher à savoir comment un crime dépend d’un autre.
  • Déterminer comment le crime tire profit d’activités légitimes et marginales.
  • Dégager la séquence d’événements qui sous-tend la collaboration criminelle.
  • Perturber cette séquence, prendre contact avec le client, déterminer le modus operandi.
  • Ne pas cibler les dirigeants; suivre et réprimer les possibilités à petite échelle.
  • Effectuer de la prévention situationnelle afin de réduire les possibilités de crime qui alimentent le crime organisé, directement et indirectement.

Il n’est pas aisé de déterminer les interdépendances entre différents genres de crime, et de distinguer entre activités criminelles et légitimes. Cela dit, toute initiative en ce sens s’avère de plus en plus utile pour déterminer la façon de réprimer les activités du crime organisé. Par exemple, les autorités canadiennes ont vite réalisé que les installations de culture de la marijuana dépendent de vastes quantités d’électricité, ce qui trahit leur emplacement et fournit un levier réglementaire pour les démanteler.

Pour consulter la version intégrale du rapport, (document de travail HEUNI no 26), visiter le site : www.heuni.fi/12542.htm