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Par le surint. Hamish McCardle
Équipe d’examen du Police Act
Police de Nouvelle-Zélande
En mars 2006, le gouvernement néo-zélandais s’est engagé à procéder à un examen approfondi des dispositions législatives régissant les services de police au pays, ce qui s’est traduit par la révision du Police Act de 1958 (loi sur la police) et du règlement connexe. En tant qu’organisme le plus directement touché par la législation actuelle, et de par sa capacité privilégiée d’en cerner les forces et les lacunes, la Police de Nouvelle-Zélande s’est vu confier le mandat de diriger l’examen.
L’examen de la loi sur la police comporte un vaste mandat, qui reflète le désir d’amorcer un dialogue national avec les citoyens au sujet des services policiers. L’équipe chargée de l’examen a donc été habilitée à revenir sur les principes fondamentaux, à remettre en question les choses tenues pour acquises et à encourager un débat public.
L’équipe a donc décidé d’adopter des méthodes de communication et de consultation à la fois traditionnelles et novatrices afin d’entendre le plus de voix possible. Elle a notamment fait la part belle aux supports en ligne et électroniques dans ce processus.
Afin de donner aux Néo-Zélandais voix au chapitre dans l’élaboration de la future loi sur la police, l’équipe d’examen a prévu une consultation publique en trois phases. Dans les deux premières, on a invité les répondants à faire des suggestions concernant une série de documents de discussion. On a notamment élaboré des formulaires en ligne simplifiés permettant aux citoyens de répondre directement aux questions posées dans les documents par voie électronique ou conventionnelle. Dans ces deux phases, la majorité des répondants ont opté pour le mode électronique.
L’élaboration d’un format wiki pour obtenir des idées nouvelles sur la loi sur la police est apparue comme la prochaine étape logique pour recueillir l’opinion non seulement des citoyens au pays, mais également des Néo-Zélandais expatriés et d’autres citoyens à l’étranger intéressés par la police et le processus législatif. Si l’équipe d’examen a jugé relativement utiles les consultations en ligne tenues précédemment, elle estimait qu’une discussion sur wiki permettrait de pousser plus loin la réflexion. L’équipe a préféré tenir un wiki ouvert, sans mot de passe ni modalités d’inscription, afin de faciliter un processus dynamique de suggestions.
Pour faciliter la gestion des discussions, le wiki n’était ouvert aux révisions que durant les heures de bureau du pays. En dehors de ces heures, les gens pouvaient consulter la loi sur wiki et rédiger leurs commentaires hors ligne, pour ensuite les afficher à la prochaine ouverture.
Qu’est-ce qu’un wiki?
Inspiré du mot hawaïen wiki wiki, qui signifie rapide, un wiki est une collection de sites web ou d’autres ressources en ligne qui permet aux visiteurs de faire des ajouts, de supprimer ou de réviser un contenu de façon collective.
C’est la facilité et la rapidité d’interaction qui font l’efficacité d’un wiki pour une rédaction collective. Quoique vulnérables aux abus et au vandalisme, les wikis jouissent d’une fonction inhérente d’autocorrection qui tient au nombre d’utilisateurs.
L’équipe d’examen a d’abord inscrit à la loi sur wiki quelques idées pour lancer le processus et fournir un cadre aux collaborateurs. Cela dit, ces derniers ont vite fait d’apporter des modifications en ajoutant des sections nouvelles ou en précisant les éléments qu’ils souhaitaient voir dans la nouvelle loi.
Il est devenu évident que de nombreux participants désiraient également discuter de leur ajout ou commenter ceux des autres collaborateurs. La dynamique des discussions était un motif important dans le recours à la technologie wiki, c’est pourquoi l’équipe d’examen a ajouté des pages de notes à chaque article afin de circonscrire les débats à l’extérieur des pages du document principal.
La loi wiki a fait l’objet de près de 26 000 visites, la majeure partie de celles-ci résultant de renvois incorporés à des articles d’actualité en ligne. Comme la plupart des gens visitaient le site par suite d’un renvoi des médias, la répartition des visiteurs semblait refléter l’intérêt des médias pour le sujet, et cet intérêt était d’envergure internationale, surtout par suite d’un article que la BBC a publié à ce sujet sur sa page Web principale.
Des articles en langues étrangères sur la loi wiki ont également paru dans les médias grand public de nombreux pays : Allemagne, Norvège, Espagne, Hongrie, République tchèque, Thaïlande, Italie, Finlande, Pologne, Malaisie, Chili et France. Une communauté en ligne importante, Slashdot.org, a publicisé l’initiative par suite de l’article de la BBC, ce qui a rapidement décuplé le nombre de visiteurs d’adresses IP américaines (de l’ordre de 7000 pour cent).
On a fermé le wiki le 30 septembre 2007 pour réviser les commentaires, puis on a rouvert le wiki sous forme de document enregistré le 1er octobre. Le site http://wiki.policeact.govt.nz reçoit encore de nombreuses visites au quotidien, et chaque visiteur consulte en moyenne près de quatre pages à la fois. On invite également les gens à communiquer directement avec l’équipe pour lui faire part de leurs commentaires; nous recevons toujours des commentaires à ce jour.
D’après les statistiques, les visiteurs utilisent le wiki du document enregistré de manière différente par rapport à leur utilisation du wiki ouvert initialement. Ils passent plus de temps dans le site et consultent davantage de pages. La proportion des visiteurs accédant au site directement, sans renvoi d’un site média, est également à la hausse.
Étant donné le rayonnement international de l’initiative, les membres de l’équipe d’examen ont été abordés par divers observateurs et chercheurs étrangers souhaitant obtenir plus de renseignements sur le wiki. Nombre de ces derniers ont posé des questions sur les leçons que d’autres services de police pourraient tirer de l’initiative néo-zélandaise.
Le recours au wiki pour l’examen de la loi sur la police a été favorisé du fait qu’il s’harmonisait à l’initiative de gouvernement électronique de la Nouvelle-Zélande, selon laquelle les technologies d’information devraient faire partie intégrante du mode de prestation de l’information, des services et des programmes gouvernementaux. Cette volonté de promouvoir les nouvelles technologies a grandement facilité la mise en oeuvre d’une consultation novatrice et a de toute évidence joué un rôle déterminant dans l’efficacité du wiki.
Cela dit, le recours à un wiki dans le processus législatif a initialement été mis en doute, parce qu’il s’agissait d’une méthode inédite, en Nouvelle-Zélande, et dans le monde entier. Les doutes ont cependant été dissipés lorsqu’on a précisé le rôle que le wiki définitif jouerait dans les étapes subséquentes de l’élaboration de politiques. D’autres écueils du wiki étaient plutôt d’ordre pratique – la modération des articles (tel que noté ci-dessus), la gestion des révisions malveillantes et de leurs auteurs et la maintenance générale du site, entre autres.
En gros, le wiki a donné lieu à des centaines de révisions constructives, qu’il s’agisse de suggestions de mots individuels ou de paragraphes étendus de commentaires sur divers aspects. Il a produit au moins trois résultats positifs : d’abord, il a permis de recueillir de nombreuses idées novatrices; ensuite, il a grandement favorisé la sensibilisation et la participation à l’examen et, enfin, bien que ce n’ait pas été un objectif direct de l’examen, l’initiative a suscité un débat approfondi sur l’usage par le gouvernement de technologies axées sur le Web et de sites de réseautage en ligne.
À la lumière de la réussite du wiki ouvert, on a élaboré une deuxième génération de wiki. Ce site, protégé par mot de passe, permet de participer à une initiative visant à raffiner la première génération du wiki de la loi sur la police de 2008.