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Gazette - La radicalisation et le Programme d’approche communautaire de la GRC

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LES DERNIÈRES TENDANCES

Par l’insp. Wayne Hanniman et Angus Smith
Enquêtes criminelles relatives à la sécurité nationale

Ces dernières années, au Canada comme à l’étranger, plusieurs affaires – dont le Projet OSage (une enquête dirigée par la GRC dans la lutte contre le terrorisme, qui a permis l’arrestation de 17 suspects en 2006), les attentats à la bombe de Londres du 7 juillet 2005 et l’assassinat du cinéaste néerlandais Theo Van Gogh en 2004 – ont prouvé que la menace extrémiste ne vient pas toujours de l’extérieur.

En effet, des citoyens natifs du Canada, des États- Unis, de la Grande-Bretagne, des Pays-Bas et d’une foule d’autres pays répondent à l’appel du radicalisme et de l’extrémisme violent et sont prêts à s’engager dans l’action terroriste.

Les groupes à risque peuvent se composer d’enfants d’immigrés qui se sentent coincés entre les valeurs traditionnelles de leurs parents et le mode de vie trépidant et souvent contradictoire de la société occidentale moderne.

Les agents de la radicalisation peuvent être des chefs religieux ou des idéologues politiques qui profitent de la colère ou de la stupeur de leurs recrues face à des événements internationaux, à des politiques étrangères et à la souffrance des membres de leur communauté religieuse ou de leur groupe culturel dans d’autres régions du monde. De nombreux individus se radicalisent aussi d’eux-mêmes, seuls ou en petits groupes.

Si l’on associe souvent la radicalisation aux communautés musulmanes, il n’y a en fait aucun groupe culturel ou religieux qui soit plus enclin ou plus vulnérable qu’un autre au phénomène. Les adeptes de l’islam ne présentent pas de risque particulier à cet égard. La vaste majorité d’entre eux ne soutiennent pas la cause terroriste et ne commettront jamais d’actes terroristes.

Depuis toujours, les groupes violents de toutes sortes usent des mêmes stratégies pour recruter leurs membres, et ce, parmi le même genre de personnes : des jeunes gens particulièrement vulnérables et impressionnables. Depuis une cinquantaine d’années, les services de police et les organismes de sécurité ont eu maille à partir avec une grande variété de groupes et d’individus radicalisés au point d’entrer dans l’action terroriste : le FLQ et les Squamish Five au Canada; les Weather Underground et les Black Panthers aux États-Unis; le groupe Baader-Meinhof, les Brigades rouges et Action directe en Europe.

Sensibilisation communautaire

Le Programme de la sécurité nationale en matière d’approche communautaire (PSNAC) est l’un des principaux outils mis en oeuvre par la GRC à l’échelle nationale pour lutter contre la menace posée par la radicalisation. Correspondant parfaitement aux valeurs d’impartialité et de police communautaire de la GRC, à sa priorité stratégique sur la jeunesse et à celle de lutte contre le terrorisme, l’approche communautaire est un élément clé du Programme de la sécurité nationale de la GRC.

Depuis 2005, il existe un Programme d’approche des jeunes qui s’inscrit dans le programme national mais qui est centré sur la radicalisation et la violence liées à l’idéologie politique chez les jeunes, l’objectif étant de faire participer de jeunes adultes au dialogue sur la sécurité nationale et les questions du maintien de l’ordre.

Le Programme d’approche communautaire a été mis en place pour répondre aux préoccupations exprimées par des communautés minoritaires lors de différentes audiences publiques, en particulier celles de la commission d’enquête O’Connor et de l’examen de la Loi antiterroriste. Les membres de ces communautés se sentaient marginalisés ou considérés comme des terroristes à cause de leur race ou de leur culture. Ils craignaient de devenir la cible de représailles dans un courant d’opinion anti-minorités que provoquerait un attentat terroriste d’envergure.

Le but du Programme est de mobiliser les diverses communautés ethniques, culturelles et religieuses du Canada pour qu’elles participent à la protection de la sécurité nationale, d’encourager la compréhension des préoccupations et objectifs communs et de favoriser les communications éclairées et pertinentes en temps de crise.

Pour établir une bonne communication entre la GRC et certaines communautés, on organise des rencontres un peu partout au pays. Ces rencontres consistent à expliquer le rôle de la GRC et les responsabilités de l’organisation en matière de sécurité nationale ainsi qu’à entendre les participants discuter ouvertement de leurs préoccupations communautaires.

En temps de crise, des membres du Programme d’approche communautaire et de l’Équipe intégrée de la sécurité nationale (EISN) rencontrent les représentants des communautés touchées pour discuter de l’enquête et de leurs préoccupations concernant d’éventuelles retombées pour la communauté.

À cause de l’incroyable diversité de la population qui bénéficie des services de la GRC, il est indispensable que les programmes qui ciblent des communautés ou des groupes à l’intérieur de ces communautés soient d’une réelle souplesse. Ainsi, le Programme d’approche communautaire a été adapté selon les besoins des régions. À Toronto, les enquêteurs de l’EISN de la Division O ont conçu une série de cours qui connaissent un franc succès. En peu de temps, ces cours donnent aux citoyens un aperçu des principales procédures de police ainsi que des dispositions habilitantes qui en sont le fondement. L’EISN de la Division E a créé l’équivalent à l’intention des jeunes.

Le Programme d’approche communautaire de la GRC est un exemple supplémentaire du travail qu’accomplit la GRC en collaboration avec les communautés ou leurs représentants pour aider des individus ou des groupes à risque à trouver leur place au sein de la société canadienne, sans avoir à renier leurs valeurs culturelles et religieuses.