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DOSSIER

Une opération policière conjuguée à la rescousse d’un Australien victime d’amaque

La lettre «e» avec un cadenas attaché.Un homme d’Australie méridionale victime d’une arnaque relative à un service de rencontre en ligne peut s’estimer chanceux d’être toujours en vie grâce aux réflexes de proches et l’intervention spontanée et la collaboration des services policiers.

Des Gregor, âgé de 56 ans, s’est rendu au Mali (en Afrique occidentale) le 26 juillet 2007 avec l’intention de rencontrer la femme qu’il pensait épouser. Au lieu, M. Gregor est devenu à son insu la cible d’une arnaque qui aurait pu avoir des conséquences tragiques.

Lorsqu’il est arrivé à Bamako (Mali), le 27 juillet, il a été accueilli comme prévu par deux Africains qui ont fait le nécessaire pour son arrivée. Après avoir recueilli ses bagages, M. Gregor a été amené à une autre personne qui l’a escorté jusqu’à une voiture.

Toutefois, plutôt que de l’emmener rencontrer sa future épouse, les trois hommes ont conduit M. Gregor à une demeure où on lui a enlevé ses vêtements, puis on l’a tenu en otage sous la menace d’une machette, avec la promesse d’une libération contre une rançon de 100 000 $. On lui a permis de contacter sa famille pour demander la somme exigée en prétextant des problèmes de carte de crédit.

Se doutant immédiatement de quelque chose et craignant pour la sécurité de M. Gregor, les proches de ce dernier ont alerté le ministère des Affaires étrangères et du Commerce australien. Des responsables de la police fédérale d’Australie (PFA), de la police d’Australie méridionale (PAM) et de l’ambassade canadienne au Mali ont alors pris contact avec la police nationale du Mali pour faire enquête et rapatrier M. Gregor en toute sécurité.

Le bureau de la PFA à Adélaïde a alors lancé l’opération Streambank, une opération policière conjuguée qui a mobilisé 50 agents de la PFA et 20 agents de la PAM. L’équipe, en service 24 heures sur 24, durant 12 jours, a intercepté des courriels et des appels téléphoniques adressés à la famille de la victime. Des membres du personnel aéronautique à l’aéroport d’Adélaïde et des enquêteurs de la PFA affectés à la police du territoire de la capitale ont également participé à l’enquête.

La PFA a détaché son agent de liaison principal d’Afrique du Sud au Mali, où ce dernier a travaillé de concert étroit avec l’ambassade canadienne et les autorités locales pour obtenir la libération de M. Gregor. Il s’agissait en outre de convaincre les kidnappeurs de permettre à la victime de se rendre à l’ambassade canadienne à Bamako pour y recueillir une rançon réduite (l’Australie ne compte pas de mission diplomatique au Mali).

Les ravisseurs sont tombés dans le panneau. Le 8 août, les ravisseurs de M. Gregor ont emmené celui-ci à l’ambassade, sous la menace que son amie et deux autres personnes – toutes des personnes fictives – seraient tuées s’il ne revenait pas aux ravisseurs. À l’ambassade, M. Gregor a été accueilli par l’agent de liaison de la PFA et des diplomates canadiens, qui lui ont dit de rester à l’ambassade, et qu’il était en sécurité. L’opération s’est déroulée sous la surveillance de plus de 25 policiers maliens de Bamako. Toutefois, les trois ravisseurs n’ont pas été appréhendés.

L’opération Streambank est un exemple éloquent de la coopération multiservices efficace entre la police d’État locale et nationale, et les autorités maliennes et canadiennes, grâce au réseau international de la PFA.

La PFA souhaite que cet exemple extrême serve d’avertissement aux citoyens et les incite à se prémunir contre des escroqueries de ce genre.

« Les criminels mettent Internet à profit pour leurrer un vaste auditoire, peu importe l’âge ou les antécédents de la victime; les gens doivent savoir qu’ils mettent leur vie en péril lorsqu’ils répondent à ces offres », explique Tim Morris, commissaire adjoint de la direction internationale de la PFA. « M. Gregor a été chanceux. Si ce fut une expérience éprouvante sur le coup, il s’en est tiré grâce à l’intervention de la PFA et à la collaboration multilatérale subséquente. »

L’agent fédéral Kevin Zuccato, directeur du Centre de la criminalité de haute technologie d’Australie, a participé à une émission radio nationale pour réitérer le message que les arnaqueurs vont continuer de cibler les gens et les inciter à envoyer de l’argent ou des présents, voire à voyager à l’étranger, sous de faux prétextes.

« Des gens comme Des Gregor sont séduits par Internet; les sites et les échanges de communication peuvent sembler tout à fait plausibles. Mais il faut exercer le même jugement qu’on manifesterait dans des situations réelles », prévient l’agent Zuccato.

D’après des dossiers de la revue Platypus et de la PFA.