La GRC transfert les terres du cimetière d’un pensionnat à l’association commémorative

25 juin 2019
Regina (Saskatchewan)

Communiqué de presse

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La commissaire de la GRC, Brenda Lucki, transfert le cimetière de la RIIS à l'Association commémorative.

Aujourd'hui, le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, a annoncé le transfert du cimetière de la Regina Indian Industrial School (RIIS) de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à l'Association commémorative RIIS. Ce transfert de terres vise à honorer la mémoire des enfants enterrés dans ce cimetière lors des 19 années d'opération de l'école et de mettre en oeuvre l'appel à l'action no 75 de la Commission de vérité et de réconciliation de protéger et de maintenir les sites où des enfants des pensionnats ont été enterrés.

Le ministre Goodale, la commissaire de la GRC, Brenda Lucki, et la présidente de l'Association commémorative de la RIIS, Sarah Longman, se sont joints aux communautés autochtones locales, aux aînés et aux familles d'anciens pensionnaires de la RIIS, ainsi qu'aux intervenants provinciaux et municipaux, pour une cérémonie témoignant des efforts soutenus de la GRC dans le processus de réconciliation.

La cérémonie a été ponctuée par les prières des grands-mères autochtones et les allocutions du ministre Goodale, de la commissaire Lucki et d'autres personnalités. Deux élèves ont lu les noms des Premières Nations dont les pensionnaires étaient originaires et un chant d'honneur a été entonné en hommage aux descendants des élèves de la RIIS. Une réception a suivi au Centre du patrimoine de la GRC.

La RIIS a été fondée par le gouvernement fédéral en 1891 et administrée par l'Église presbytérienne jusqu'à sa fermeture en 1910. Plus de 500 enfants métis et des Premières Nations de 43 communautés autochtones des Prairies, âgés de trois ans jusqu'au début de la vingtaine, y ont été scolarisés. On estime qu'au moins 35 de ces enfants sont enterrés dans des tombes sans inscription de ce cimetière.

En septembre 2016, le cimetière a été désigné site patrimonial municipal et en avril 2017, site patrimonial provincial. Depuis, l'Association commémorative de la RIIS s'efforce de garder vivante la mémoire des lieux en accord avec les appels à l'action de la Commission de vérité et de réconciliation.

Citations

« Le traitement des peuples autochtones est un fléau de l'histoire de notre pays et les pensionnats autochtones en sont qu'un exemple. Le transfert des terres du cimetière de la RIIS a pris des années à être concrétisé, et je suis fier d'être témoin de cette journée marquante pour la réconciliation à Regina. »

Ralph Goodale, ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile

« La GRC est honorée d'avoir joué un rôle dans cet acte symbolique de réconciliation. Nous savons que la réconciliation ne se réduit pas un à discours ni à un élément à cocher sur une liste. C'est un processus constant, un mouvement vers l'avenir, une réflexion sur le passé et un dialogue permanent. »

Brenda Lucki, commissaire de la GRC

« L'Association commémorative de la RIIS est honorée et touchée d'accepter le titre foncier des terres du cimetière de la RIIS au nom des communautés autochtones qui comptaient des enfants dans ce pensionnat et des descendants de ces élèves. Nous nous engageons à oeuvrer avec d'autres à restaurer et embellir le cimetière et à entretenir le souvenir des enfants qui y sont enterrés. »

Sarah Longman, présidente de l'Association commémorative du RIIS

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Document d'information

La Regina Indian Industrial School (RIIS) et le cimetière

La Regina Indian Industrial School a été créée et financée par le gouvernement du Canada en 1891 jusqu'à sa fermeture en 1910. Elle était administrée par la Mission étrangère de l'Église presbytérienne du Canada et comptait plus de 500 élèves métis et des Premières Nations, âgés de trois ans à une vingtaine d'années, provenant d'environ 43 communautés, principalement de la Saskatchewan, mais aussi du Manitoba et de l'Alberta.

Selon des documents obtenus par la Commission de vérité et de réconciliation, 48 élèves sont décédés au cours des six premières années d'exploitation du pensionnat. On estime que 20 % des élèves qui y étaient inscrits entre 1891 et 1910 sont décédés durant leur scolarité ou peu après qu'ils eurent quitté l'établissement (pour beaucoup de maladies de la tuberculose).

Aujourd'hui, une clôture blanche entoure le cimetière de la RIIS au 701, chemin Pinkie à Regina. Il abrite les tombes sans inscription de 35 à 40 enfants, dont la plupart seraient d'anciens pensionnaires.

Historique de la propriété foncière de la RIIS et du cimetière

Après la fermeture de la RIIS en 1910, le bâtiment a servi de prison, puis de foyer pour garçons. Un incendie a détruit le bâtiment en 1948.

De 1911 à 1985, le terrain a appartenu à plusieurs entités gouvernementales jusqu'à ce que la Saskatchewan Economic Development Corporation (SEDCO) et la GRC procèdent à un échange de terrains pour redresser le tracé mitoyen côté sud. Le terrain du cimetière a ensuite été vendu à des particuliers.

Avec la coopération du Secrétariat du Conseil du Trésor du gouvernement du Canada, le terrain du cimetière est maintenant transféré des plus récents propriétaires privés à la GRC, et ce en échange de terres vacantes de la Couronne équivalentes.

Réconciliation et commémoration du cimetière de la RIIS

Le cimetière de la RIIS a été désigné site patrimonial municipal en 2016, puis site patrimonial provincial en 2017. Une plaque a été dévoilée en août 2018 à la mémoire des élèves qui y sont inhumés. De plus, de 2014 à 2017, quatre marches commémoratives ont été organisées en leur souvenir.

La GRC transfère immédiatement le cimetière à l'Association commémorative de la RIIS, une organisation à but non lucratif dédiée à la protection et préservation du cimetière. Le gouvernement du Canada a entrepris de transférer ces terres parmi ses efforts déployés pour mettre en oeuvre l'appel à l'action no 75 de la Commission de vérité et de réconciliation :

« Nous demandons au gouvernement fédéral de collaborer avec les gouvernements provinciaux et territoriaux de même qu'avec les administrations municipales, l'Église, les communautés autochtones, les anciens élèves des pensionnats et les propriétaires fonciers actuels pour élaborer et mettre en œuvre des stratégies et des procédures qui permettront de repérer, de documenter, d'entretenir, de commémorer et de protéger les cimetières des pensionnats ou d'autres sites où des enfants qui fréquentaient ces pensionnats ont été inhumés. Le tout doit englober la tenue de cérémonies et d'événements commémoratifs appropriés pour honorer la mémoire des enfants décédés. »

Le système des pensionnats indiens a laissé des séquelles durables de traumatisme intergénérationnel qui a dévasté des familles et des communautés autochtones pendant des décennies. La GRC est engagée à la réconciliation et espère que ce geste apportera paix et réconfort et les aidera à clore ce douloureux chapitre.

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