Fierté et service de police : Nous réconcilier avec notre passé, célébrer notre présent et nous tourner vers notre avenir

22 juillet 2019
London (Ontario)

Communiqué de presse

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Le sergent Dave Van Norman, un agent de la GRC qui a été forcé d'en démissionner en 1964 dans le cadre de la « purge ».
Les délégués de la GRC qui ont assisté à la 2e Conférence GBTQ internationale des professionnels de la justice criminelle, organisée par le Service de police de Toronto en partenariat avec la Gendarmerie royale du Canada.

L'année 2019 s'annonce comme étant une année particulièrement mémorable pour nos collègues LGBTQ2 de la GRC.

En juin, vingt-six délégués de la GRC de partout au pays ont assisté à la 2e conférence LGBTQ2 internationale des professionnels de la justice criminelle organisée par le Service de police de Toronto en partenariat avec la GRC.

Cette conférence a changé la vie de beaucoup d'entre eux. « La GRC dispose de politiques, de formations et de comités qui sont conçus pour nous aider à diversifier nos connaissances », a déclaré le caporal Scott Falkingham de la Division E, « mais lorsqu'il s'agit de comprendre et d'accepter réellement nos collègues LGBTQ2, rien ne vaut une rencontre avec les policiers eux-mêmes pour écouter leurs histoires personnelles. »

En tant qu'allié, Scott a assisté à la conférence depuis Kelowna, en Colombie-Britannique, pour manifester son appui à son ami gay, le caporal Brendan Harkness (commandant du détachement de Hudson Hope). « Ce que j'en ai tiré, c'est une compréhension beaucoup plus profonde des luttes et des problèmes auxquels la communauté est confrontée, surtout lorsqu'il s'agit d'agents de police. »

La police a eu un passé tumultueux avec la communauté LGBTQ2.

Au Canada, entre les années 1950 et 1990 eut lieu la « purge », durant laquelle le gouvernement a répondu aux préoccupations en matière de sécurité nationale engendrées par les tensions de la guerre froide en espionnant, en exposant et en renvoyant de la fonction publique fédérale les personnes soupçonnées d'être LGBTQ2. Ainsi, la GRC a enquêté sur beaucoup de personnes, dont bon nombre ont été congédiées, rétrogradées ou forcées à démissionner – même si elles n'avaient pas accès à des renseignements de sécurité.

La caporale Elenore Sturko, de la Division E, ne connaît que trop bien les effets dévastateurs de la « purge ». Elle a assisté à la conférence et, lors d'un discours chargé d'émotion durant le dîner de gala, a raconté l'histoire de son grand-oncle Dave.

Elenore fait partie de la communauté LGBTQ2 et est la petite-nièce du sergent Dave Van Norman, un agent de la GRC qui a dû en démissionner en 1964 dans le cadre de la « purge ».

« Mon oncle ne s'est jamais remis de cette perte, il a eu honte de ce qu'il était et il a intériorisé le rejet de la GRC », a-t-elle expliqué, « mais le fait d'être venue ici ce soir pour raconter son histoire et vous faire part de la mienne, qui est très différente en tant que membre active et soutenue... Je sais qu'il écoute et qu'il est fier des énormes progrès que nous avons réalisés en matière d'acceptation et d'inclusion. »

Les tensions progressives entre la police et la communauté ont éclaté en février 1981, lorsque les clients de quatre saunas du centre-ville de Toronto ont été surpris par 200 policiers lors d'une série de descentes coordonnées. Des émeutes contre l'action policière ont suivi, formant la genèse de nos défilés et de nos célébrations de la Fierté d'aujourd'hui.

« Votre conférence, qui a lieu en ce mois symbolique extraordinaire, rend hommage aux progrès que nous avons accomplis dans de nombreux domaines importants, tout en reconnaissant qu'il reste encore beaucoup de travail à faire », a déclaré Andy Pringle, président de la Commission du service de police de Toronto.

Joseph Beaton, gendarme de la GRC travaillant à Ottawa et transgenre, a assisté à la conférence et a fait une présentation dans le cadre d'une discussion en groupe et a animé un atelier. « En général, les personnes transgenres dans notre milieu de travail ont encore de nombreux obstacles à surmonter, la plupart provenant d'un manque de compréhension et d'acceptation des collègues, mais aussi des défis administratifs comme celui de changer de nom », a-t-il commenté. « Bien que les lesbiennes et les homosexuels se sentent, pour la plupart, acceptés, il reste beaucoup de travail et d'éducation à faire au sujet des autres personnes non binaires faisant partie des LGBTQ2. »

Aux États-Unis, l'année 2019 a également marqué le 50e anniversaire de la descente du Stonewall Inn à New York en 1969. Cette intervention policière a conduit à des jours d'émeutes contre le traitement réservé par les policiers à la communauté queer. Ce fut à la fois un tournant pour le mouvement des droits des LGBTQ2 d'aujourd'hui et, tout comme les descentes dans les saunas de Toronto, un point de départ de ce qui allait devenir les défilés de la Fierté.


Pour marquer cet anniversaire, la Fierté mondiale a tenu son défilé à New York et, avec l'attention des médias internationaux, l'inspecteur Mike Lokken (officier responsable au détachement de la GRC de Parkland, Division K), en tunique rouge, a marché main dans la main, aux côtés de policiers de Toronto, avec celui qui est son partenaire depuis six ans.

Militant LGBTQ2 et pasteur émérite principal de l'Église communautaire métropolitaine de Toronto, le docteur Brent Hawkes est à l'avant-garde du ministère de la communauté LGBTQ2 depuis plus de 40 ans. Dans son discours à la Conférence LGBTQ2 internationale, il a souligné les progrès réalisés et a mis la police au défi de poursuivre son travail.

« Nous avons accompli des progrès de bien des façons et en bien des secteurs. Les avancées que nous avons obtenues, et nous devons nous en souvenir, sont très fragiles et nous avons besoin que vous poursuiviez ce travail... Une grande majorité de notre communauté veut avoir une bonne relation avec la police. Nous sommes fiers lorsque nous avons cette bonne relation. »

"Pour un homme qui marche avec un pied dans chaue monde, me tenir dans ces rues a constitué un moment empreint de gravité. Nous nous sommes arrêtés, avons pivoté sur notre droite et avons salué Stonewall." - Inspecteur Mike Lokken.

Il ne fait aucun doute que, pour les vingt-six délégués qui ont assisté à la conférence et pour l'inspecteur Lokken qui a participé au défilé de la Fierté mondiale, les événements et les personnes dont ils ont fait partie cette année représentent une affirmation du travail qu'ils ont accompli pour l'égalité.

Leur détermination renouvelée s'accompagne d'un appui mondial et d'un engagement ferme de la commissaire Lucki qui affirme que la GRC est en marche vers une nouvelle vision d'elle-même, en accueillant et en valorisant des personnes de toutes origines et perspectives, y compris des membres des communautés LGBTQ2.

La GRC a plein de raisons d'être fière, mais la plus grande est sa capacité d'adaptation et d'évolution. Ses employés LGBTQ2 en sont reconnaissants et sont honorés de servir la Gendarmerie royale du Canada et les Canadiens.

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Article rédigé par Jean Turner, membre du personnel civil de la Division O

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