Le commissaire adjoint Gilles Michaud commente la divulgation des rapports portant sur l'incident du 22 octobre 2014 sur la Colline du Parlement

3 juin 2015
Ontario

Déclaration

Priorité au discours prononcé

Bonne après-midi et merci d'être parmi nous.

Dans les heures, les jours et les mois qui ont suivi les tragiques événements du 22 octobre 2014, nous cherchions tous des réponses. C'est une réaction naturelle lorsque notre sécurité est menacée. C'est pourquoi la GRC a demandé à la Police provinciale de l'Ontario (OPP) de mener des examens indépendants peu de temps après les événements et ce pour quoi je suis ici aujourd'hui.

J'aimerais tout d'abord remercier l'OPP pour la diligence avec laquelle elle a mené ces examens approfondis. Les événements de cette journée-là sont encore gravés dans la mémoire de nos membres, de nos partenaires et de la population canadienne.

Cependant, ils sont l'occasion de réexaminer la manière dont la sécurité est assurée sur la Colline du Parlement et comment nous pouvons le mieux améliorer nos opérations.

Nous avons tous vu la vidéo qui montre Zehaf-Bibeau se rendre de la rue Wellington jusqu'aux portes d'entrée de l'édifice du Centre. Ce qu'on ne voit pas sur cette vidéo, c'est qu'une policière de la GRC postée du côté nord-ouest de l'édifice de l'Est a été alertée sur la présence d'un homme armé sur la Colline par une passante qui tentait de trouver refuge dans son autopatrouille.

Notre agente a aperçu l'homme armé prendre le volant d'un véhicule noir qui était garé là et, sitôt remontée dans son autopatrouille, a alerté à son tour les autres policiers de la menace. Malheureusement, on n'a pu distinguer clairement sur les ondes que l'homme armé était au volant du véhicule réquisitionné. Le policier de la GRC posté sur l'allée supérieure de la Colline a entendu le message de sa collègue et a immédiatement fait demi-tour, sans toutefois savoir que le suspect était à bord du véhicule noir qui arrivait dans sa direction, de sorte qu'il ne l'a pas intercepté.

À l'intérieur, un agent de sécurité non armé de la Chambre des communes s'est courageusement dressé contre Zehaf-Bibeau dans l'entrée. Alors qu'il tentait de désarmer Zehaf-Bibeau, un coup est parti, la balle a ricoché sur le sol avant d'atteindre l'agent à la jambe. Celui-ci a alors lâché prise. Zehaf-Bibeau s'est tourné vers un deuxième agent de sécurité de la Chambre des communes, a pointé son arme en direction de son abdomen sans toutefois tirer, puis a monté en courant les escaliers de l'édifice du Centre pour se diriger vers le Hall d'honneur.

Du haut des escaliers au Hall d'honneur, quatre agents de sécurité de la Chambre des communes se sont dressés sur le chemin de Zehaf-Bibeau qui a riposté, atteignant presque l'un d'eux. Les agents de sécurité de la Chambre des communes ont fini par acculer Zehaf-Bibeau dans une petite alcôve près de la Bibliothèque du Parlement. Le sergent d'armes a ainsi pu se rendre du côté opposé de l'alcôve tandis que quatre agents de la GRC avançaient à découvert dans le Hall d'honneur, positionnés en formation pour repousser l'assaillant.

Alors que nos agents se trouvaient à 4 mètres de lui, Zehaf-Bibeau a tiré sur eux, ratant de peu sa cible. Au moment où le sergent d'armes quittait courageusement l'endroit où il s'abritait pour tirer sur Zehaf-Bibeau, un agent de la GRC s'est avancé et a fait feu lui aussi sur le tireur. Zehaf-Bibeau s'est alors écroulé sous l'impact de nombreuses balles.

Trois rapports sont rendus publics aujourd'hui. Deux d'entre eux sont le fruit du travail de l'OPP tandis que le troisième est le rapport après action préparé par la Division nationale de la GRC.

Le premier document est le rapport d'enquête indépendante sur la mort de Michael Zehaf-Bibeau. Le Président de la Chambre des communes et moi-même avons demandé, respectivement les 29 et 23 octobre 2014, au commissaire de la Police provinciale de l'Ontario (OPP), de mener une enquête indépendante sur l'incident au cours duquel Michael Zihaf-Bibeau a été abattu le 22 octobre 2014 et sur ce qui s'est passé à l'intérieur de la Chambre des communes.

Le deuxième rapport découle de l'examen interne mené par la Division nationale avec l'aide de partenaires après que j'en eu fait la demande le 24 octobre 2014. Ce rapport après action visait à rendre compte dans le détail des principaux éléments de notre intervention durant ces événements, à formuler des recommandations et à tirer des leçons en vue d'améliorer continuellement les services de sécurité sur la Colline du Parlement.

Un total de 33 recommandations ont découlé de ce rapport.

Le troisième rapport fait suite à la demande adressée le 24 novembre 2014 par le sous-commissaire de la GRC Mike Cabana, responsable de la police fédéral, au commissaire de l'OPP, afin que soit effectué un examen des mesures prises par les policiers de la Gendarmerie à partir du moment où Michael Zihaf-Bibeau est entré sur les terrains de la Colline du Parlement jusqu'à celui où il s'est engouffré dans l'édifice du Centre.

Soixante-six (66) recommandations figurent dans le rapport découlant de cet examen. La majorité fait l'objet de mesures, dont certaines ont déjà été mises en œuvre, tandis que d'autres nécessitent une analyse et des consultations supplémentaires avec nos partenaires de la sécurité.

Les recommandations ont été caviardées parce qu'elles portent sur des techniques et de l'information de sécurité tactique. Cependant, je peux vous dire que les recommandations concernent trois principaux aspects : les opérations; les communications; et la gouvernance.

Sur le plan des opérations, les recommandations touchent à l'infrastructure matérielle, au contrôle de l'accès, aux outils et à l'équipement, à la formation, à la planification et à la capacité d'intervention.

Au chapitre des communications, les recommandations portent sur la gestion des communications internes et externes, l'information au public et aux intervenants et l'interopérabilité des communications radio.

Enfin, les recommandations liées à la gouvernance traitent des rôles et responsabilités, de la prise de décisions ainsi que des politiques et procédures. L'OPP a ainsi recommandé la création d'un service de protection unifié pour la Cité parlementaire.

Nous espérons que ces examens nous fourniront des réponses et montreront que nous sommes sur la bonne voie pour contrer toute menace future sur la Colline.

Nos agents devraient être félicités pour leurs actions qui ont contribué à neutraliser la menace durant ce jour fatidique. Comme l'indique les rapports, ce sont des lacunes systémiques — et non une erreur humaine — qui ont permis au tireur d'entrer dans l'édifice du Centre.

C'est grâce aux efforts d'une équipe dévouée et courageuse que le tireur et la menace ont pu être neutralisés; une équipe constituée du sergent d'armes, d'agents du Service de sécurité de la Chambre des communes et de policiers de la GRC. Je suis fier de servir aux côtés des membres, du Service de sécurité de la Chambre des communes et du Service de protection du Sénat et je n'hésiterais pas à mettre ma vie entre leurs mains!

Vous pouvez être certains que l'équipe chargée de la sécurité continuera de protéger la Colline du Parlement et la Cité parlementaire, ainsi que les parlementaires, les employés et les visiteurs de ces lieux.

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