Vol. 79, Nº 3Dernières tendances

Femme policière jouant au ballon avec deux enfants.

Plus très jeunes, mais aptes

Entamer une seconde carrière à la GRC

Entrer à la GRC à un âge avancé pour commencer une nouvelle carrière peut être un avantage pour ceux dont l'expérience et les compétences professionnelles sont apparentées au travail policier. Crédit : Cap. Jennifer Smith, GRC

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C'est au cours de ses traitements contre le cancer que la gend. Ellen Ruf a décidé de postuler à la GRC. Mère monoparentale de trois enfants, commis de bureau la plus grande partie de sa vie, elle a souvent occupé deux emplois de front pour joindre les deux bouts. À 50 ans, atteinte d'une maladie qui a bouleversé son existence, elle a résolu de marquer le monde de son empreinte.

« Rendue là, j'ai compris que la vie était courte, mais que la mienne n'était pas finie, raconte la gend. Ruf. Je voulais pouvoir aider les gens et laisser un monde meilleur à mes enfants. »

Sitôt rétablie, elle s'est tournée vers la GRC. Encouragée par son conjoint, un policier de la Gendarmerie, elle a posé sa candidature. Elle a rempli toutes les formalités administratives, puis a immédiatement entrepris de se remettre en forme.

« Il paraît que la ténacité et mon ardeur à la tâche sont mes plus grandes qualités, dit la gend. Ruf, qui vient de terminer sa formation pratique en contexte de travail à Kamsack (Sask.). Mon âge avancé a en fait été un atout durant ma formation : j'ai du vécu, et je sais comment aborder toutes sortes de personnes. »

Un riche vécu

Comme Ellen Ruf, le gend. David Andrews a décidé d'entrer à la GRC sur le tard : il avait 55 ans. Travaillant auparavant comme photographe et guide d'aventure dans l'Arctique canadien, il a remarqué le rôle essentiel que jouait la GRC dans les communautés nordiques comme celle de Grise Fiord (Nunavut).

« C'est ce qui m'a poussé à postuler : rencontrer des membres de la GRC dans le Nord et la possibilité de travailler à la Gendarmerie en me servant d'un appareil photo, explique-t-il. Je me suis rendu compte que le métier de policier était bien différent de ce que j'imaginais. Le travail est intéressant, stimulant et très diversifié. »

D'après lui, son bagage professionnel l'a aidé à devenir un bon policier. Gérer des dynamiques de groupe, veiller à la sûreté d'autrui et apprendre à respecter les différences sont quelques-unes des aptitudes que le gend. Andrews a su transférer de son rôle de photographe et de guide d'aventure à celui d'agent de police.

« J'ai appris à côtoyer des types de personnalités variés, et ces qualités interpersonnelles se sont avérées très utiles, observe-t-il. Ces expériences ont contribué à me définir comme être humain, et cette sociabilité me sert dans mon travail de po-licier, dont une bonne part consiste à servir la population. »

Son expérience antérieure, précise-t-il, lui a déjà permis de gérer quelques situations difficiles rencontrées pendant sa première affectation, à Grande Prairie (Alb.).

« Au cours de ma première semaine, on a ramené au poste un gars soûl, et deux de mes confrères ont fait remarquer que je savais comment m'y prendre avec lui, raconte le gend. Andrews. Il était récalcitrant avec les autres membres, alors j'ai commencé à converser avec lui. Il s'est adouci et s'est mis à travailler avec nous plutôt que contre nous. »

Et la forme physique?

Entrer à la GRC pour entamer une seconde carrière n'est pas inusité : l'âge moyen des cadets à la Div. Dépôt, le centre de formation national, est de 28 ans.

La seule condition relative à l'âge qu'il faille remplir pour postuler à la GRC est celle d'avoir au moins 19 ans; sinon, toute personne qui répond aux critères de candidature peut postuler. Cela dit, les cadets aussi âgés que la gend. Ruf et le gend. Andrews sont assez rares. Ces dix dernières années, seulement 24 cadets âgés de plus de 50 ans sont sortis diplômés de la Div. Dépôt.

Mais l'animatrice-formatrice en conditionnement physique Leslie Frei affirme que l'âge n'est pas un bon indicateur pour prédire la performance d'un cadet au cours de sa formation policière.

« Qu'il ait 20, 40 ou 60 ans, quiconque arrive à la Div. Dépôt en mauvaise forme risque d'en arracher, avance Mme Frei, qui enseigne aux cadets depuis 18 ans. Mais il n'est pas rare que le cadet de 40 ou de 50 ans qui est en bonne forme physique surpasse de loin les plus jeunes : c'est qu'il a de l'expérience et connaît son corps. »

Mme Frei se souvient de le gend. Andrews l'emportant sur bon nombre des autres recrues. Excellent à la course et au sprint, il a terminé premier de son groupe même s'il en était le vétéran. Quant à la gend. Ruf, elle a, tous cadets confondus, fini dans le premier décile aux épreuves de force et d'endurance.

« Il n'est jamais trop tard pour qui a de la détermination, observe la gend. Ruf. J'en suis la preuve. »

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