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Armes à feu sur un table.

La lutte de la GRC contre le gang 856

Le crime organisé dans le Nord

Des armes, de l'argent et de la drogue saisis par la Division G en 2013 après l'arrestation de 13 membres du gang 856. Crédit : GRC

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Le Nord est une terre de possibilités, un paradis pour les pêcheurs et les chasseurs où les paysages sont à couper le souffle. Des touristes du monde entier y sont attirés, mus par l'espoir de vivre un moment magique dont ils se souviendront toute leur vie. Le crime organisé, et en particulier le gang 856, a lui aussi remarqué toutes les possibilités qu'offrent les régions septentrionales.

Ces trois ou quatre dernières années, les groupes des enquêtes fédérales (GEF) de la GRC au Yukon et aux Territoires du Nord-Ouest ont observé un afflux de membres du gang 856 qui se sont installés à Yellowknife et à Whitehorse pour vendre leurs marchandises illégales.

Ce gang a été fondé par un groupe d'adolescents à Aldergrove (C.-B.), près de Langley, où l'indicatif régional est le 856. Au fil du temps, le gang a pris de l'expansion et s'est lancé dans le trafic de drogue et la violence armée.

Les membres du gang se font tatouer les chiffres 856 à l'intérieur des lèvres (une lèvre ou les deux, selon le rang qu'ils occupent dans l'organisation).

À Yellowknife, le gang ne passait pas ina-perçu, ses membres armés menaçant les employés de bars et tentant agressivement de prendre les commandes du commerce local de la drogue. Le GEF aux Territoires du Nord-Ouest a donc lancé le projet Goblin, qui s'est conclu à la fin de 2013 par l'exécution de six mandats de perquisition qui ont permis de découvrir de grandes quantités de cocaïne, de l'argent et plusieurs armes à feu : dix membres et associés du gang 856 ont été accusés.

Après le projet Goblin, les membres du gang se sont faits plus rares à Yellowknife. Mais le gang n'a pas tardé à revenir à la charge. En août 2014, il a été la cible du projet Gloom. Deux mandats de perquisition et cinq arrestations plus tard, le gang réduisait à nouveau ses activités puisque seulement quelques membres se trouvaient toujours dans le Nord. Résilient, le gang 856 y a rapi-dement envoyé d'autres individus pour vendre de la cocaïne et percevoir des dettes de drogue dues à leurs prédécesseurs.

Tout cela a mené, en avril 2015, à une fusillade routière que les médias ont décrite comme une poursuite policière effrénée dans les rues de Yellowknife. Deux membres du gang 856 ont été arrêtés pour avoir tenté de tuer un des leurs. Malgré les appa-rentes luttes intestines et les problèmes liés à sa présence dans la communauté, le gang a envoyé un autre groupe de remplaçants dans le Nord.

La situation du gang 856 semblait s'être calmée après l'exécution, en juillet 2015, de deux autres mandats de perquisition qui ont mené à l'arrestation de 23 suspects. Dans une entrevue accordée à CBC North, le serg. Dean Riou a déclaré qu'après ces arrestations, il restait très peu de membres du gang 856 à Yellowknife. Mais la semaine suivante, on a appris que de nouveaux membres étaient arrivés dans la ville nordique.

Pendant ce temps, des enquêteurs du GEF au Yukon ont commencé à remarquer à Whitehorse des individus associés au gang 856. Le projet Monarch, qui a été lancé au printemps 2014, a permis de déposer des accusations contre 12 individus qui vendaient de la drogue pour ce gang.

L'enquête s'est soldée par l'exécution de deux mandats de perquisition qui ont permis de saisir plusieurs armes à feu chargées, de l'argent, de la cocaïne, de la MDMA et de l'héroïne. Des accusations ont été portées contre des membres haut placés du gang. Le gang 856, qui a été sérieusement perturbé, ne serait pas revenu à Whitehorse.

La présence de cette organisation en pro-venance de la C.-B. a créé pour la police des territoires un défi nouveau et unique auquel les membres affectés aux services généraux et les GEF s'attaquent de front avec l'aide d'équipes de la GRC à Langley (C.-B.).

Pendant l'audience de détermination de la peine d'un homme de la région qui avait vendu de la drogue pour le gang 856 à Yellowknife, le commerce de la drogue a été décrit par le juge en chef du tribunal territorial comme un phénomène insidieux face auquel les tribunaux doivent être très sévères, avant d'ajouter que les trafiquants de drogue étaient des vautours qui ciblent des membres vulnérables de la communauté.

Apparemment, le gang 856 ne manque pas de vautours.

Reproduit avec la permission du Pony Express (No. 1, 2016).

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