Le Rapport sur la situation des drogues illicites au Canada - 2007 présente un aperçu du trafic des drogues illicites au pays durant l’année.
Le Canada demeure un important pays source de méthamphétamine et de MDMA (Ecstasy) en raison de la demande croissante liée à la fabrication de drogues synthétiques dans le monde. Ces dernières années, les saisies en provenance du Canada ont augmenté dans la région d’Asie-Pacifique (méthamphétamine/MDMA) ainsi qu’aux États-Unis (MDMA).
Cette tendance, observée pour la première fois au début du siècle, se poursuit alors que divers groupes du crime organisé saisissent toutes les occasions de diversifier leurs activités criminelles, ce qui leur permet de passer rapidement d’un trafic national à une distribution internationale.
De même, le Canada continue d’être un producteur et un fournisseur de marihuana. Cependant, comme le nombre d’installations de culture augmente aux États-Unis – principal marché de la production canadienne actuellement –, la marihuana produite au Canada pourrait à l’avenir être exportée vers d’autres marchés étrangers comme l’Europe ou l’Asie.
La cocaïne, l’héroïne, l’opium, le haschich et le haschich liquide, et le khât continuent d’être importés de différents pays pour répondre à la demande soutenue au Canada.
Le présent rapport s’appuie sur diverses sources, dont la base de données sur les drogues et substances réglementées (BDDSR) de Santé Canada qui contient de l’information sur les saisies effectuées par les différents services de police au pays. En raison des enquêtes en cours, dans certains cas, il peut y avoir un écart important entre la date de la saisie et celle où l’information est entrée dans la BDDSR. C’est la raison pour laquelle les chiffres de la BDDSR diffèrent de ceux obtenus par la GRC; la GRC ne s’est donc pas fiée uniquement aux données de la BDDSR pour compiler le présent rapport.
Les données des saisies fournies dans le présent rapport sont tirées de plusieurs sources, dont les bases de données de la GRC, l’information communiquée par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), ainsi que la BDDSR. Toute hausse ou baisse importante des quantités saisies en 2007 ne traduit pas nécessairement des changements dans la production de drogues ou les efforts de répression des agences d’application de la loi.
La consommation des produits du cannabis continue de représenter le plus important marché au monde1, comparativement aux autres types de drogues. Les dérivés du cannabis comprennent la marihuana (chanvre), le haschich (résine de cannabis) et le haschich liquide (résine de cannabis liquide), obtenus à partir de diverses parties de la plante. Au Canada, la marihuana est le dérivé du cannabis le plus produit et exporté.
Faits saillants
Demande2
La marihuana demeure très populaire chez les usagers de drogues au Canada. Celle qui est produite au pays est écoulée principalement sur le marché intérieur; la marihuana importée de l’étranger, notamment de Jamaïque, ne représente qu’une infime partie (moins de 1 %) des quantités saisies au Canada.
En 2007, bien que les États-Unis demeuraient le principal marché extérieur de la marihuana produite au Canada, seul un petit pourcentage de la marihuana saisie dans ce pays provenait du Canada3. Le principal fournisseur des États-Unis est le Mexique. Vu le nombre croissant d’installations de culture aux États-Unis, surtout intérieures, la marihuana produite au Canada pourrait bien être de plus en plus exportée vers d’autres marchés extérieurs, comme l’Europe et l’Asie.
Offre et voies de contrebande
Les organismes canadiens d’application de la loi signalent des cultures de marihuana dans toutes les provinces, même si la Colombie-Britannique, l’Ontario et le Québec demeurent les principales régions productrices, comme le démontrent les activités de contrebande. En 2007, on estime que 50 000 kg de marihuana4 et plus de 1,8 million de plants ont été saisis au Canada, dont environ 90 % dans les trois provinces susmentionnées.
En 2007, les autorités ont observé un nombre croissant d’installations de culture de marihuana dans les communautés rurales, où le coût de l’immobilier est relativement faible, et dans les régions éloignées, plus propices à l’anonymat. La présence de ces installations dans les Prairies et les Maritimes, ainsi que le long de la frontière canado-américaine est notée. La production des installations intérieures et extérieures de ces régions est destinée aux grandes villes du pays ou au marché américain.
Le mouvement interprovincial de la marihuana s’effectue vers l’est : de la Colombie-Britannique aux Prairies, aux Territoires du Nord-Ouest et aux Maritimes; et de l’Ontario et du Québec vers les Maritimes (voir la carte). La drogue est principalement transportée par voies routières dans des véhicules commerciaux et privés. Les méthodes de dissimulation vont du plus simple au plus élaboré, comme les compartiments secrets à l’intérieur des véhicules.
L’acheminement de la marihuana vers le sud continue d’être une source de préoccupation pour les autorités canado-américaines. En 2007, il y a eu une baisse notable (36 %) du nombre de saisies à la frontière; cependant, la quantité saisie a crû (64 %), ce qui laisse croire à de plus grosses expéditions vers les États-Unis.
La frontière le long des Grands Lacs et de la Voie maritime du Saint-Laurent – là où les provinces de l’Ontario, du Québec et du Nouveau-Brunswick côtoient les États du Michigan, de New York, du Vermont et du Maine – est considérée comme une plaque tournante de la contrebande de marihuana. Dans l’Ouest canadien, la contrebande de marihuana se produit aux points de jonction Colombie-Britannique-Washington, Alberta-Montana et Manitoba-Dakota du Nord (voir la carte). La drogue franchit clandestinement la frontière dans des véhicules privés et commerciaux, dissimulée parmi d’autres marchandises légales. La marihuana continue d’être acheminée aux États-Unis dans des aéronefs privés qui font ensuite le chemin inverse avec des cargaisons de cocaïne. Dans les deux cas, le transport de grosses cargaisons de marihuana destinées aux États-Unis est orchestré par des groupes du crime organisé.
Activités et groupes de contrebande
Le trafic de marihuana est l’un des plus répandus au Canada. Les transactions portent sur plusieurs kilogrammes et la marihuana continue d’être vendue ou échangée contre d’autres marchandises comme la cocaïne, la MDMA (Ecstasy), du tabac illicite ou des produits de la criminalité.
Ce trafic demeure très lucratif pour le crime organisé au Canada. En 2007, la majorité des groupes criminels organisés connus des autorités étaient impliqués, à un niveau ou un autre, dans cette activité. Si certains groupes se sont spécialisés dans des aspects spécifiques, comme la culture pour les groupes vietnamo-canadiens ou la contrebande transfrontalière pour les groupes indo-canadiens, ils continuent de collaborer entre eux, en établissant des réseaux de trafic élaborés qui se chargent d’acheminer la drogue du site de production au point de vente, et de se partager les gains.
En 2007, les groupes du crime organisé impliqués dans la culture de la marihuana ont fait montre d’un professionnalisme et d’une mobilité accrus. De grands producteurs, gérant plusieurs installations de culture, se sont établis dans des régions rurales du Canada et des États-Unis. Ces installations sont de plus en plus sophistiquées et donc plus difficiles à détecter. De plus, les groupes du crime organisé continuent de s’échanger des trucs du métier, profitant ainsi de leur expertise commune de la mariculture et de la contrebande, ce qui complique la tâche des autorités au Canada.
Saisies importantes
Voici des saisies importantes qui illustrent les tendances et modes de contrebande évoqués dans l’évaluation.
Saisies au pays
Saisies de marihuana canadienne à l’étranger
L’opération CISAILLE (Sûreté du Québec) est une initiative conjointe de plusieurs organismes visant à éradiquer la production et le trafic de marihuana dans la province du Québec. Il s’agit notamment d’inciter la population à signaler toute installation de culture présumée dans leur communauté. En 2007, l’opération s’est soldée par la saisie de 737 977 plants et de 7540 kg de marihuana, principalement dans des plantations extérieures.
L’opération SABOT (GRC) est une initiative conjointe de plusieurs organismes au pays qui vise à éradiquer les sites de production de marihuana. En 2007, la GRC, les Forces canadiennes et les autorités locales ont saisi 171 504 plants et 212 kg de marihuana. La plupart des saisies ont eu lieu au Québec et dans la région de la capitale nationale.
Vue aérienne d’une plantation de marihuana repérée au cours du Projet SABOT.
L’OPP pilote aussi un programme d’éradication des plantations extérieures de marihuana. En 2007, ses efforts se sont soldés par la saisie de 164 828 plants et de 6700 kg de marihuana sèche provenant de 365 plantations extérieures et de 186 installations intérieures.
Culture intérieure de la marihuana : Enjeux de sécurité publique
Les installations de culture de marihuana se trouvent dans tous types de lieux : des tours d’habitations des grandes villes aux résidences privées des villages. La production de drogues illicites et autres activités connexes posent un danger réel pour les adultes, mais encore davantage pour les enfants. La mauvaise ventilation de certaines installations peut entraîner une accumulation de gaz mortelle. Les modifications électriques effectuées pour obtenir la quantité de lumière et d’énergie nécessaire à la culture des plantes prennent feu dans environ un cas sur 10. En plus d’entraîner des problèmes respiratoires, la moisissure, les concentrations de pollen et les produits chimiques utilisés peuvent endommager la propriété, ce qui peut causer des problèmes aux futurs propriétaires et nécessite des milliers de dollars de réparations.
Les installations de culture intérieure sont parfois difficiles à détecter et préoccupent les organismes d’application de la loi d’un bout à l’autre du pays. La combinaison des indices suivants peut révéler la présence d’une installation intérieure :
Le public ne devrait jamais s’adresser aux occupants d’une résidence qu’il soupçonne d’abriter une installation de culture de marihuana, mais plutôt communiquer avec la police.

Modèles de trafic de marihuana
Faits saillants
Demande
La demande de haschich et de haschich liquide au Canada est concentrée dans les provinces de l’Ontario et du Québec; la plupart du haschich saisi aux points d’entrée canadiens est destiné aux marchés torontois et montréalais.
Offre et voies de contrebande
Les principaux pays producteurs de résine de cannabis sont le Maroc, l’Afghanistan, le Pakistan, le Népal et l’Inde. Dans l’hémisphère occidental, la Jamaïque demeure le principal pays producteur. Bien que le gros des livraisons jamaïcaines arrivent directement au Canada, certaines peuvent transiter par les États-Unis. La plupart du haschich et du haschich liquide saisis au Canada en 2007 venait de la Jamaïque et de l’Inde.
En 2007, les livraisons de haschich et de haschich liquide sont arrivées au Canada par différents moyens : véhicules privés, avions commerciaux, bateaux et compagnies de messagerie. Le haschich était surtout importé par voie aérienne, dissimulé parmi le fret sur des vols commerciaux et dans des colis expédiés par messagerie. Le haschich liquide arrivait principalement par voie maritime. Une saisie de 93 kg faite en juillet au port de Halifax représente à elle seule une grande partie du haschich liquide saisi durant toute l’année.
Une baisse importante de la quantité de haschich et de haschich liquide saisie a été notée en 2007 comparativement à 2006 : 227 kg de haschich et 115 kg de haschich liquide en 2007 contre 27,73 tonnes métriques (tm) de haschich et 1060 kg de haschich liquide en 2006. Cela s’explique en partie par une importante saisie réalisée au large de 22,5 tm de haschich destiné au Canada et par les 504 kg de haschich liquide saisis au port de Halifax en 2006.
Activités et groupes de contrebande
Des groupes du crime organisé au Canada continuent d’être impliqués dans les importations de haschich et de haschich liquide. Certains individus basés au Québec et en Ontario ont utilisé leurs relations internationales pour faciliter l’acheminement de grosses cargaisons de haschich par les aéroports internationaux de Montréal (Trudeau) et de Toronto (Pearson). Des groupes du crime organisé basés en Nouvelle-Écosse ont également participé au trafic de haschich et de haschich liquide. La drogue était ensuite vendue à des groupes du crime organisé établis dans d’autres provinces comme le Québec et l’Ontario.
En 2007, des importations de haschich et de haschich liquide ont été liées à un réseau de trafic de drogue de Toronto. En juillet, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a saisi 90 kg de marihuana et 93 kg de haschich liquide au port de Halifax. La drogue était dissimulée dans un conteneur maritime en provenance de la Jamaïque et était destinée au marché torontois. La saisie a été effectuée dans le cadre du projet OCOOK qui s’est conclu en juillet par l’arrestation de 12 suspects, dont quatre travaillaient à l’aéroport international Pearson de Toronto.
Saisies importantes5
Saisies en route pour le Canada
Faits saillants
Demande6
Le chlorhydrate de cocaïne est une poudre cristalline blanche extraite des feuilles du cocaïer, cultivé dans les montagnes des Andes, en Amérique du Sud. Ce stimulant est souvent dilué avec d’autres substances comme l’amidon de maïs, la poudre de talc ou la benzocaïne (un anesthésique local).
Le marché de la cocaïne au Canada est demeuré relativement stable en 2007. Selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), 0,4 % de la population mondiale âgée de 15 à 64 ans avait consommé de la cocaïne en 2006-2007. L’Amérique du Nord continue de compter la plus grande proportion de ces usagers (45 %), suivie de l’Europe occidentale et centrale (24 %) et des régions de l’Amérique centrale, de l’Amérique du sud et des Caraïbes combinées (19 %).
Offre et voies de contrebande
En 2007, le Rapport mondial sur les drogues de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) indiquait que 181 600 hectares de terres étaient consacrés à la culture de la coca, soit une hausse de 16 % par rapport aux 156 900 hectares de l’année précédente, dans les pays sources que sont la Bolivie, la Colombie et le Pérou. Cela est dû en grande partie à une expansion notable de la superficie cultivée en Colombie (27 %) et, dans une moindre mesure, en Bolivie (5 %) et au Pérou (4 %).
Malgré une culture en hausse, la production de cocaïne n’aurait crû que modérément, passant de 984 tonnes métriques (tm) en 2006 à 994 tm en 2007. Selon l’analyse, le potentiel de production de cocaïne dans le monde est limité par le faible rendement des récoltes de coca. La Colombie comptait pour 60 % (600 tm) de la production mondiale de cocaïne (994 tm), suivie du Pérou avec 29 % (290 tm) et de la Bolivie avec 10,5 % (104 tm).
La Colombie demeure le principal pays source de cocaïne en poudre destinée au marché canadien; cependant, en 2007, une forte augmentation de la cocaïne provenant du Pérou a été notée par rapport aux années précédentes.
Selon Santé Canada, les différents organismes d’application de la loi au pays ont saisi 2630 kg de cocaïne et 23,946 kg de crack en 2007. Ces chiffres correspondent aux quantités interceptées aux points d’entrée canadiens ainsi qu’aux saisies réalisées à l’intérieur même du pays.
La majeure partie de la cocaïne entrée en contrebande au pays continue de passer par les principaux points d’entrée en Colombie-Britannique, en Ontario et au Québec. Avant 2006, les plus grosses quantités de cocaïne saisies arrivaient par voie aérienne; depuis les deux dernières années, la voie terrestre est le principal mode de contrebande. Malgré ce changement, les vols directs en provenance des Caraïbes (République dominicaine, Trinidad et Tobago), du Mexique et d’Amérique du Sud (Pérou et Guyana) vers les aéroports internationaux canadiens de Toronto, Montréal et Vancouver continuent d’offrir de nombreuses possibilités aux trafiquants.
Par ailleurs, une nouvelle tendance est de plus en plus observée dans les aéroports internationaux canadiens: la cocaïne sous forme liquide. L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) signale avoir saisi au total 83,52 kg de cocaïne liquide en 2007, dont la majorité provenait du Pérou, contre seulement 13,81 kg en 2006. En transformant la poudre de cocaïne en liquide, les trafiquants tentent d’échapper davantage à la détection. Certains passagers aériens ont tenté en vain de dissimuler le liquide dans leurs bagages, dans des bouteilles d’alcool ou des contenants de produits de santé et de beauté. L’aéroport international Pearson de Toronto était le lieu d’interception le plus fréquent.
Si la place de la Colombie, classée premier pays source de la cocaïne destinée au marché canadien, ne fluctue pas beaucoup, il en va autrement des pays de transit. Ainsi, le rôle du Mexique s’est accru non seulement dans le corridor autoroutier Mexique-États-Unis-Canada, mais également au niveau des expéditions aériennes et maritimes directes. Deux grosses expéditions de cocaïne (50 kg et 48 kg) ont été interceptées à l’aéroport international de Vancouver sur des vols commerciaux en provenance directe du Mexique. Dans les deux cas, la cocaïne était dissimulée dans des bagages n’appartenant à aucun passager du vol; il est donc possible de déduire que les bagages avaient été introduits dans l’avion sans passer par les contrôles de sécurité habituels, sans doute par un employé de l’aéroport ayant accès aux avions au Mexique.
Dans le cas du trafic par voie maritime, la cargaison par conteneur provenait du Mexique et avait transité par les Bahamas avant d’arriver au port de Montréal en juin. Au total, 160 kg de cocaïne dissimulés dans une cargaison de purée de mangue congelée ont été saisis. Cinq Mexicains ont été accusés d’importation et de possession de drogues en vue d’en faire le trafic. L’enquête a révélé que les importateurs agissaient sous le couvert d’une société-écran de distribution alimentaire dénommée «Quality Mexport».
Malgré la hausse du trafic en provenance du Mexique observée en 2007, les États-Unis demeurent le principal pays de transit de la cocaïne destinée au Canada. Selon l’ASFC, sur la période de deux ans allant de janvier 2006 à décembre 2007, quelques 1,4 tonnes de cocaïne ont été interceptées aux États-Unis en route vers le Canada. Si cela confirme la prédominance du trafic terrestre transfrontalier de cocaïne destinée au marché canadien, l’utilisation d’hélicoptères et d’aéronefs privés entre les points d’entrée continue d’être observée.
Durant la première moitié de 2007 (janvier à juin), les États-Unis ont signalé une pénurie de cocaïne dans plusieurs de leurs grands marchés et marchés intermédiaires. Or, cela ne semble pas avoir affecté le marché canadien, ce qui pourrait s’expliquer en partie par l’énorme différence de population entre les deux pays et la taille de leurs populations consommatrices respectives.
La tendance qui consiste à acheminer clandestinement aux États-Unis des cargaisons de drogues multiples, notamment de la MDMA (Ecstasy) ou de la marihuana cultivée au Canada, en échange de cocaïne, d’armes à feu et de produits de la criminalité, s’est poursuivie en 2007. Certains groupes du crime organisé canadiens préféreraient même se faire payer en cocaïne plutôt qu’en dollars US.
Une enquête conjointe de plusieurs organismes américains et canadiens dans la région Pacific Highway a démontré que plusieurs contrebandiers traversaient clandestinement la frontière avec des chargements de diverses marchandises. Cette enquête s’est soldée par l’arrestation d’un agent corrompu de l’ASFC qui a sciemment laissé entrer au Canada des véhicules transportant 208 kg de cocaïne, des armes à feu et des munitions. La perquisition subséquente menée au domicile d’un des suspects a également permis de récupérer quelque 200 000 $ de produits de la criminalité présumés.
Activités et groupes de contrebande
Les organisations criminelles canadiennes aux réseaux transfrontaliers sont généralement établies dans les grosses villes situées près de la frontière canado-américaine, comme Vancouver, Toronto, Windsor et Montréal. Cette proximité avec les principaux points d’entrée et les grands centres urbains américains facilite la négociation des transactions de drogue entre groupes du crime organisé canadiens et américains.
Plusieurs de ces organisations criminelles ont également des réseaux internationaux qui facilitent le trafic de drogue, notamment l’importation de cocaïne au Canada. Tout au long de 2007, diverses enquêtes ont mis au jour l’implication de suspects d’origine latino-américaine, de groupes criminels traditionnels et de bandes de motards criminalisés. En outre, des groupes criminels indépendants, des organisations criminelles indo-canadiennes, ainsi que des groupes criminels ayant des liens avec l’Asie continuent d’être impliqués dans la contrebande de cocaïne.
En 2007, plusieurs enquêtes internationales ont mis encore davantage en lumière les ramifications internationales des organisations criminelles basées au Canada et leur rôle dans la contrebande de drogue à l’étranger. Des livraisons de cocaïne en provenance du Canada ont été interceptées en Australie sur des passagers aériens et dans des envois par messagerie (dissimulée au milieu de pièces de voiture ou de prétendus produits pour le bain).
Au pays, le caractère lucratif du commerce de la drogue est souvent source de violence entre les organisations criminelles qui se disputent des territoires. Cependant, un changement est observé dans certaines régions : alors qu’auparavant les organisations criminelles fonctionnaient indépendamment les unes des autres, certains groupes collaborent désormais davantage entre eux pour répondre à la demande et aux besoins en matière de transport.
Une enquête menée dans plusieurs pays, dont les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Chine et l’Inde, a mis en lumière cette coopération grandissante entre les organisations criminelles canadiennes et leurs complices, ainsi que l’étendue de leurs réseaux internationaux. Cette enquête multi-organismes sur un réseau national et international de trafic de drogues multiples opérant à partir de la Colombie-Britannique et de l’Ontario s’est soldée en 2007 par plusieurs saisies totalisant quelque 393 kg de cocaïne, réalisées aux frontières canadiennes en l’espace d’une année.
Une fois introduite clandestinement au pays, la cocaïne est écoulée de la région du Pacifique vers d’autres provinces de l’Ouest, tandis qu’au centre, le Québec et l’Ontario approvisionnent les consommateurs des Maritimes. Bien que la cocaïne soit livrée un peu partout au pays par divers moyens comme les vols domestiques, les entreprises de messagerie et les autobus de voyageurs, une utilisation croissante de véhicules privés et de camions de marchandises dotés de compartiments secrets circulant sur les grandes autoroutes du pays a été notée.
Saisies importantes
Saisies maritimes de drogues destinées au Canada
Saisies effectuées en territoire canadien ou aux points d’entrée
Saisies transitant aux États-Unis en route pour le Canada
Faits saillants
Demande
De nombreux pays signalent des saisies de khât, notamment le Royaume-Uni, l’Italie, la Hollande, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis. Pour les consommateurs, provenant des communautés somalienne, yéménite, éthiopienne et kenyane, brouter, fumer ou infuser du khât est une tradition comparée à l’utilisation de la coca par les populations sud-américaines. Le khât est consommé dans le cadre d’un rituel quotidien ou durant des événements spéciaux.
Les effets de cette drogue, qui est généralement consommée à petites doses, durent trois à quatre heures. Ils comprennent notamment l’euphorie et l’exaltation, une énergie et une vivacité accrues, une perte d’appétit et de sommeil, une hausse de la fréquence cardiaque, de la tension artérielle, de la respiration et de la température corporelle, une baisse de la libido et, dans certains cas, une plus grande agressivité.
La demande se concentre au Québec et en Ontario, notamment dans les grands centres urbains comme la Région du Grand Toronto où vivent d’importantes communautés d’Afrique orientale. Bien que 92 % des saisies effectuées en 2007 étaient destinées à l’Ontario, certaines livraisons étaient également destinées au Québec, à l’Alberta et au Manitoba. Les autorités notent une hausse des saisies en Alberta et au Manitoba, deux régions où le phénomène était plutôt rare jusque-là.
Offre et voies de contrebande
Le khât est cultivé en Afrique orientale et dans la Péninsule arabique. En 2007, le khât importé au Canada venait d’Éthiopie, du Kenya, de l’Ouganda et de la Somalie. La plante arrive au Canada sur des vols commerciaux internationaux transportant passagers et marchandises. Dans certains cas, le khât est importé aux États-Unis avant d’être introduit clandestinement au pays par voie terrestre.
Le khât arrive rarement à bord de vols directs en provenance des pays sources, mais plutôt à bord de vols en provenance des pays d’Europe; points de transit pour la majorité des expéditions destinées au Canada. En 2007, le Royaume-Uni restait en tête de ces pays, suivi, par l’Allemagne, les Pays-Bas et les États-Unis et, dans une moindre mesure, la Belgique, la France, l’Espagne et la Pologne.
Quelque 28 tonnes de khât ont été saisies au Canada en 2007. Selon les statistiques de cette année, plus de 75 % des expéditions de khât saisies aux points d’entrée canadiens étaient arrivés au pays par colis-messagerie ou dissimulés dans le fret aérien. Ces deux méthodes offrent un plus grand anonymat que le transport privé et permettent aux importateurs d’échapper aux poursuites judiciaires au Canada.
Diverses méthodes sont utilisées pour importer le khât au pays, notamment les « envois simultanés » de colis. Il s’agit pour l’expéditeur, situé à l’étranger, d’envoyer par messagerie plusieurs colis contenant de petites quantités de khât à différentes adresses au Canada. Cette méthode limite les risques de voir toute sa cargaison saisie. Le même stratagème est utilisé avec les passagers : plusieurs mules transportent la drogue dans leurs bagages pour le compte du même importateur ou exportateur.
Bien que les saisies effectuées sur des passagers aériens aient nettement baissé en 2007, les données d’enquête démontrent que des mules continuent d’être recrutées pour transporter du khât au Canada. À leur arrivée, elles sont accueillies à l’aéroport, reçoivent une commission et, parfois même, sont logées dans des hôtels. La plupart d’entre elles sont recrutées sur Internet pour prétendument transporter des marchandises au Canada; cependant, les annonceurs se gardent bien de mentionner que le khât est une substance illégale au Canada. C’est la raison pour laquelle l’aéroport d’Heathrow de Londres a créé un programme de sensibilisation visant à mettre en garde les passagers sur les risques auxquels ils s’exposent en acceptant de transporter clandestinement du khât au Canada.
Activités et groupes de contrebande
Des groupes du crime organisé ayant des liens avec les communautés moyen-orientales et d’Afrique orientale, au Canada et à l’étranger, dirigent le commerce du khât. Des réseaux d’exportateurs, d’importateurs, de mules et de distributeurs organisent chaque année de multiples importations de khât au Canada.
En avril 2007, au terme d’une année d’enquête conjointe, la GRC, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et le Service de police d’Ottawa ont démantelé une organisation criminelle qui utilisait l’aéroport international d’Ottawa pour importer du khât de Londres (Angleterre). Dans l’espace de cinq opérations, le groupe avait importé un total de 2200 bouquets de khât en remplaçant les étiquettes des valises à l’arrivée et en déplaçant les bagages des carrousels des vols internationaux à ceux des vols domestiques, ce qui permettait d’éviter les contrôles douaniers. Trois membres du personnel de l’aéroport étaient complices, utilisant leurs droits d’accès aux installations aéroportuaires pour faciliter la réception de la drogue.
Saisies importantes7
Saisies en route pour le Canada
Faits saillants
Demande
La MDMA, ou méthylènedioxy-3,4 méthamphétamine, est un hallucinogène synthétique aux propriétés semblables à celles de l’amphétamine. Communément appelée «Ecstasy», elle est vendue en poudre ou sous forme de comprimés de différentes couleurs généralement estampillés d’un logo, ce qui en a fait une substance associée aux fêtes.
La demande de MDMA (Ecstasy) au pays est stable et continue d’être alimentée par une production intérieure croissante qui en fait une substance largement disponible. L’inversion des caractéristiques de l’offre et de la demande observée depuis 2005 demeure, alors que les groupes du crime organisé transnational basés au Canada continuent de dominer le marché intérieur et international. La baisse des prix enregistrée au cours des deux dernières années, avec une moyenne de 10 $ à 25 $ le comprimé contre 30 $ à 45 $ précédemment, souligne également la hausse de la production et de l’offre. La MDMA (Ecstasy) est le plus disponible dans les régions centrales de la Colombie-Britannique, de l’Ontario et du Québec, où sont situés les laboratoires clandestins. La distribution nationale semble avoir augmenté, à en juger par la hausse des saisies importantes effectuées d’un bout à l’autre du pays en 2007.
Alors qu’elle était populaire dans les années 1990, introduite lors du mouvement «rave» en Amérique du Nord, la MDMA est devenue une drogue courante, de sorte que l’offre et la demande persisteront dans un avenir prévisible.
Malgré un bassin de consommateurs stable au pays, la production canadienne de MDMA est en hausse, de sorte qu’elle dépasse la demande nationale ou le marché ciblé. Dans les faits, cette hausse est soutenue par un bassin de consommateurs croissant dans le monde, notamment aux États-Unis et dans la région d’Asie-Pacifique.
Offre et voies de contrebande
En 2007, le Canada a conservé sa position d’important producteur et exportateur de MDMA. Les réseaux criminels basés au Canada ont amplement alimenté le bassin de consommateurs mondial avec des sommets de production continus. Tous les laboratoires de fabrication de MDMA que l’on découvre maintenant au Canada sont des installations à haut rendement (super-laboratoires) exploitées par des groupes du crime organisé. Bon nombre de ces super-laboratoires, particulièrement ceux situés en Ontario et en Colombie-Britannique, peuvent produire des quantités industrielles pour le marché international. Ils sont souvent répartis sur plusieurs sites équipés selon leur vocation : synthèse, machines à comprimer et installations d’entreposage.
En 2007, la Colombie-Britannique continuait d’enregistrer la plus forte concentration de laboratoires de fabrication de MDMA, suivie de l’Ontario et du Québec. En mai 2007, un laboratoire de MDMA a été découvert à Port Moody (C.-B.). Déguisé en site de production de biodiésel8, ce laboratoire était très sophistiqué et doté d’un système de télévision en circuit fermé. Les exploitants, soupçonnés d’être liés au crime organisé de souche est-européenne, produisaient des comprimés «scintillants» de MDMA 9. En juillet, un laboratoire de fabrication de drogues multiples, produisant de la méthamphétamine et de la MDMA, a été découvert à Delson (Québec) dans l’aire d’entreposage d’un site industriel, après qu’un incendie suivi d’une explosion eurent grièvement blessé le chimiste. En octobre, la perquisition d’une résidence torontoise a permis de démanteler un super-laboratoire de fabrication de MDMA, contenant quatre presses à comprimés de qualité commerciale et quelque 173 kg de poudre de MDMA, une quantité suffisante pour produire un nombre estimé de 1,7 million de comprimés.
Tandis que le démantèlement de ce type de laboratoires est le signe d’une production soutenue et importante, les tendances qui se dégagent des renseignements et des saisies de MDMA canadienne effectuées à l’étranger en 2007 confirment l’existence d’un commerce de MDMA florissant au Canada. Conformément aux tendances observées depuis 2005, le gros des saisies de MDMA de fabrication canadienne effectuées à l’étranger ont été réalisées par les autorités américaines à ou près des points d’entrée à la frontière terrestre entre les deux pays. En 2007, le gros des expéditions transfrontalières de MDMA ont été transportées du Canada vers les États-Unis par voie terrestre et principalement dans des véhicules privés (75 %). L’utilisation des véhicules commerciaux (15 %) a baissé par rapport aux années précédentes. Des aéronefs privés, des bateaux et le service postal ont également été utilisés, mais dans une moindre mesure 10. Selon les autorités américaines, les contrebandiers qui utilisent des véhicules privés cachent le plus souvent la MDMA sur eux ou dans le compartiment de la roue de secours, tandis que ceux qui utilisent des véhicules commerciaux dissimulent souvent la drogue au milieu de marchandises, dans le plafond, les portières, les parois ou des compartiments secrets du véhicule. En 2007, des expéditions de MDMA mêlée à d’autres drogues, principalement de la marihuana, ont de nouveau été découvertes.
Selon certains rapports des autorités canadiennes et américaines, les points d’entrée à la frontière terrestre des États de New York (Buffalo), Michigan (Detroit) et Washington (Blaine) connaissent la plus grande activité de contrebande de MDMA et affichent les plus hauts taux de saisies. En plus d’être très proches des principaux centres de production de MDMA – Vancouver et la Région du Grand Toronto – ces points d’entrée permettent aux contrebandiers d’échapper à la détection en raison du court trajet à parcourir entre le point de chargement et la frontière, ainsi que du débit de la circulation à ces points de passage.
La contrebande de MDMA du Canada vers la région d’Asie-Pacifique s’est poursuivie en 2007, dissimulée parmi le fret maritime et aérien. La tendance observée en 2006 qui consiste à exporter des cargaisons de drogues multiples vers cette région s’est aussi confirmée. En juillet 2007, les autorités à Osaka (Japon) ont intercepté une cargaison comprenant 155 kg de méthamphétamine, 280 kg de cannabis (marihuana) et 688 000 comprimés de MDMA. La drogue était dissimulée dans une expédition maritime de plancher en bois en provenance de Vancouver.
En 2007, les trafiquants ont continué d’utiliser le terme «Ecstasy» pour vendre des comprimés à logo même s’il est estimé que plus de la moitié de ces comprimés contiennent en fait divers ingrédients, dont la MDMA est souvent totalement absente. Les autorités signalent la présence accrue de méthamphétamine comme principal ingrédient dans nombre de ces comprimés. De plus, les renseignements et analyses de laboratoire soulignent l’apparition de drogues à formule modifiée non réglementées, utilisées seules ou avec d’autres substances dans des comprimés présentés comme de la MDMA 11.
Activités et groupes de contrebande
Les groupes du crime organisé basés au Canada ont poursuivi à un rythme soutenu leur activités de production, exportation et importation de précurseurs chimiques liés au commerce de la MDMA. Les saisies de MDMA aux points d’entrée canadiens sont demeurées minimes, comparé aux années précédentes où plusieurs milliers de doses et plusieurs centaines de kilogrammes étaient importés d’Europe occidentale. Suivant une tendance observée au cours des trois dernières années, la quantité de MDMA saisie au pays en 2007 dépasse celle interceptée aux points d’entrée. Les rapports de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) font état de quelque 6000 doses de MDMA saisies aux points d’entrée canadiens, dont près de 5000 comprimés en une seule occasion. Bien que dans deux cas, la drogue saisie à la frontière empruntait la direction du Nord, il est soupçonné qu’elle provenait en fait du Canada comme dans les autres cas.
Depuis que le Canada est devenu un pays source de MDMA ces dernières années, les saisies intérieures portaient jusque-là sur des quantités relativement modestes. Pourtant, en 2007, il y a eu de nombreuses saisies de plus de 100 000 doses au Canada, surtout en Ontario et en Colombie-Britannique. En mars, 720 000 comprimés de MDMA et 49 kg de cocaïne ont été saisis lorsqu’une cargaison a été transbordée d’un véhicule à un autre sur le terrain d’un stationnement public à Vaughan (Ontario). Les deux livraisons avaient été transportées de la Colombie-Britannique jusqu’en Ontario sur un aéronef privé, avant d’être transférées dans un véhicule privé. En septembre, quelque 150 000 comprimés de MDMA ont été saisis dans un véhicule privé stoppé lors d’un contrôle de la circulation à Midway (C.-B.). Un chien renifleur de la GRC a aidé à localiser la drogue qui était dissimulée dans deux valises. De même, sur plusieurs sites de démantèlement de laboratoires en Ontario et en Colombie-Britannique, d’importantes quantités de MDMA en poudre et en comprimés ont été saisies. (Voir la partie Offre et voies de contrebande.)
Alors que la contrebande transfrontalière de MDMA du Canada vers les États-Unis représente toujours la plus grande part du trafic et des saisies de MDMA de production canadienne, la situation semble s’être stabilisée par rapport aux différences importantes observées durant les années précédentes. Le nombre d’expéditions de MDMA canadienne en direction de l’Asie-Pacifique a légèrement augmenté depuis 2006, même si la quantité globale saisie a en fait baissé en 2007. Une saisie effectuée au Japon (688 000 comprimés) montre cependant que le crime organisé canadien continue d’effectuer des livraisons de MDMA aux quatre coins du globe.
Les organisations criminelles ayant des liens traditionnels avec la Chine continuent de dominer la production, l’importation de précurseurs et de substances chimiques essentielles, et l’exportation de drogue. Ces groupes entretiennent depuis des années des liens avec le milieu de la drogue canadien et ont de vastes et puissantes complicités internationales. C’est la raison pour laquelle ils sont rapidement passés d’un trafic national à une distribution internationale. Les groupes du crime organisé vietnamien et indo-canadien12 sont fréquemment impliqués dans le transport transfrontalier de MDMA par voie terrestre. En 2007, des groupes criminels d’origine est-européenne ont refait leur apparition dans la production de MDMA, notamment dans la région de la Colombie-Britannique. Dans une moindre mesure, les bandes de motards criminalisés (BMC) et certains groupes criminels indépendants des quatre coins du pays continuent de profiter des occasions qui s’offrent à eux de participer à tous les aspects du commerce de la MDMA. Enfin, les autorités signalent l’implication continue des réseaux criminels d’origine dominicaine et latino-américaine dans le trafic de MDMA dans la région du Québec.
Saisies importantes
Faits saillants
Demande
La méthamphétamine est un puissant stimulant du système nerveux central susceptible d’induire une dépendance. Elle peut être injectée, fumée, reniflée ou ingérée. Le «crystal meth» est aussi de la méthamphétamine, mais sous forme de cristaux. Ce type de méthamphétamine est plus souvent fumé et est généralement d’une grande pureté.
La demande de méthamphétamine au Canada n’est pas généralisée, mais plutôt concentrée dans certains segments de la population. Dans les principales régions productrices, comme la Colombie-Britannique, l’Ontario et le Québec, elle est largement disponible et les prix sont relativement stables. Par contre, dans les centres de distribution secondaires, où la drogue est moins disponible, les prix sont plus élevés. Il est estimé que la fourchette moyenne des prix au Canada va de 80 $ à 150 $ le gramme, mais peut descendre jusqu’à 50 $ dans les régions de forte production comme Vancouver et la partie continentale de la Colombie-Britannique.
Bien que la méthamphétamine en poudre et en cristaux soit largement disponible, la consommation sous forme de comprimés est en hausse. Cette consommation est à la fois volontaire et involontaire. En effet, les consommateurs du Québec continuent de préférer la méthamphétamine en comprimés. Les exploitants de laboratoires clandestins dans cette région continuent donc de produire délibérément ces comprimés pour le marché local de meth; par contre, ces comprimés sont souvent vendus comme de la MDMA dans d’autres régions du pays ainsi qu’aux États-Unis. Comme les comprimés de MDMA produits au Canada contiennent souvent d’autres substances psychoactives dont la méthamphétamine, les consommateurs en ignorent généralement les véritables ingrédients.
Offre et voies de contrebande
À l’exception de quelques saisies accessoires de production étrangère, la méthamphétamine disponible au Canada continue de provenir en grande partie de sources domestiques. Les tendances observées en 2007 montrent que les laboratoires de meth canadiens ont d’importantes capacités de production qui leur permettent d’alimenter amplement la demande intérieure et même de la dépasser. En fait, comme dans le cas de la MDMA au Canada, le bassin de consommateurs de méthamphétamine au pays ne suffit pas à absorber la production nationale. L’Asie-Pacifique continue de s’affirmer comme une région consommatrice de méthamphétamine en poudre fabriquée au Canada et importée directement. Le mouvement transfrontalier de méthamphétamine produite au Canada ou aux États-Unis est resté limité en 2007. La situation devrait demeurer stable tant que les trafiquants mexicains garderont la mainmise sur la chaîne d’approvisionnement des États-Unis.
Les chiffres liés au démantèlement de laboratoires de meth se sont stabilisés (décroissant légèrement) par rapport à 2006, cependant le nombre de laboratoires à haut rendement continue de croître. Comme il a été observé avec la production domestique de MDMA, le nombre de saisies de matériel, de produits chimiques et de déchets toxiques liés aux laboratoires de meth a poursuivi sa hausse en 2007, de sorte que l’incidence globale de la production de meth s’est accrue. Si de petits laboratoires personnels au Canada sont toujours découverts, les super-laboratoires deviennent monnaie courante. Selon les rapports des autorités, les petits laboratoires personnels se font rares dans la région de l’Ontario, ce qui traduit un important changement par rapport aux années précédentes où ils étaient répandus dans le sud ontarien; utilisant la méthode de réduction de Birch, ils provoquaient d’importants problèmes environnementaux en plus de ceux liés à la consommation et à la dépendance. Au cours des deux dernières années, les démantèlements de laboratoires de meth dans cette région concernaient habituellement des sites exploités par le crime organisé produisant plusieurs kilogrammes suivant la méthode éphédrine-phosphore rouge. En Colombie-Britannique, où il est estimé que 75 % des démantèlements de laboratoires de meth au Canada ont eu lieu en 2007, le gros des installations était des superlaboratoires tenus par des groupes du crime organisé. Un laboratoire capable de produire plusieurs kilogrammes de méthamphétamine et de MDMA servant à la fabrication de comprimés combinés, a été démantelé à Delson (Québec). (Voir la partie MDMA (Ecstasy).) En outre, de petits laboratoires personnels produisant de la meth ont été démantelés au Manitoba et en Saskatchewan.
En 2007, de vastes laboratoires de meth sophistiqués ont été implantés dans les régions urbaines et rurales. En janvier, l’un d’eux a été découvert après que de la fumée et des vapeurs s’échappant des grilles d’égout sur le chemin adjacent à une résidence privée dans la ville de Burnaby (C.-B.) eut été observées. Quelque 30 kg de poudre de méthamphétamine traitée ont été saisis. En février, 10 kg de poudre de meth présumée et environ 800 gr de crystal meth ont été saisis dans un bungalow loué à Gooderham, une région rurale de l’Ontario. En mai, un autre de ces super-laboratoires a été découvert à l’intérieur d’une caravane de 35 pieds installée sur une propriété rurale, dans un secteur isolé de Forest Grove (C.-B.). La présence d’une cuve de 220 litres – peut-être la plus grande cuve à réaction jamais découverte dans un laboratoire clandestin en Amérique du Nord – indique qu’il s’agissait d’une vaste installation perfectionnée.
Les groupes du crime organisé occupent une solide place dans la production de drogues synthétiques illicites et ont saisi toutes les occasions d’étendre leurs tentacules et d’engranger de juteux profits13. Leur percée sur le marché international de la méthamphétamine suit leur succès dans la distribution mondiale de MDMA. Au cours des deux dernières années, le Canada s’est ainsi taillé une réputation d’important pays source de méthamphétamine. En juillet 2007, une série d’importantes saisies de méthamphétamine réalisées dans la région d’Asie-Pacifique, notamment en Australie et au Japon, a révélé une contrebande en hausse du Canada vers les marchés internationaux. Le fret aérien et maritime a servi à transporter des livraisons de méthamphétamine allant de 16 kg à 155 kg; dans ce dernier cas, il s’agissait d’une expédition de drogues multiples. Plusieurs autres livraisons plus petites (inférieures à 5 kg) de méthamphétamine en provenance du Canada ont été saisies sur des passagers aériens et dans des colis postaux ou expédiés par messagerie en direction de l’Australie et du Japon. Dans un autre cas, une quantité modeste de meth dissimulée dans du marbre a été saisie en Nouvelle-Zélande; la même astuce avait été utilisée pour une des plus grosses expéditions saisie au Japon.
La méthamphétamine produite au Canada a également été expédiée au Moyen-Orient en 2007. Deux saisies ont été effectuées en cours de route vers l’Iran. Dans un des cas, 2 kg de meth ont été trouvés dans le fret aérien en partance; la drogue était dissimulée dans un chariot à hot dogs commercial. Par ailleurs, deux Canadiens ont été interceptés alors qu’ils tentaient de passer en contrebande 2 kg de méthamphétamine du Canada aux États-Unis dans un véhicule privé.
Activités et groupes de contrebande
Le trafic de méthamphétamine au pays semble s’être stabilisé au cours de la dernière année, surtout en comparaison avec le trafic international du Canada vers les marchés étrangers. Le trafic intra et interprovincial a représenté la plus grande part des saisies domestiques, y compris les produits traités saisis dans les laboratoires régionaux. Les rapports des divisions de la GRC, notamment dans l’Ouest canadien, montrent une consommation constante de meth et même une hausse dans certaines régions. De plus, les crimes associés au trafic de meth continuent d’avoir un effet sur diverses communautés. L’importation de méthamphétamine étrangère au Canada était encore une fois limitée en 2007. Une expédition de 8 kg de meth a été interceptée par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) à Montréal, dissimulée dans un colis postal envoyé du Maine à une adresse privée en Colombie-Britannique. Par ailleurs, près de 2 kg de méthamphétamine ont été saisis dans les bagages d’un passager aérien arrivé du Vietnam à l’aéroport international de Montréal (Trudeau).
Alors que les groupes du crime organisé, particulièrement ceux qui ont des liens traditionnels avec la Chine, sont lourdement impliqués dans le commerce des drogues synthétiques, ils ont démontré leurs capacités à s’ajuster facilement au jeu de l’offre et de la demande. La demande de méthamphétamine dans la région d’Asie-Pacifique n’a jamais été aussi forte, au point de modifier les contours de l’offre à l’échelle planétaire. Ces réseaux transnationaux basés au Canada bénéficient de vastes complicités qui leur ont permis de passer rapidement d’un trafic national à une distribution internationale. Au moins une douzaine de saisies de méthamphétamine produite au Canada ont été réalisées à l’étranger en 2007, ce qui montre que le crime organisé a accéléré le rythme auquel il coordonne et réalise des opérations élaborées de trafic de drogues dans tous les continents.
Au niveau national, une myriade de groupes criminels sont impliqués dans le trafic de méthamphétamine, de la production à la contrebande à grande échelle en passant par la distribution intermédiaire. Si les groupes du crime organisé qui ont des liens avec la Chine dominent la production, le trafic à grande échelle, l’exportation et la contrebande de précurseurs chimiques, d’autres réseaux criminels continuent de manifester de l’intérêt pour le trafic et la production de meth, ainsi que la contrebande d’éphédrine. Certaines bandes de motards criminalisés (BMC) et certains groupes criminels indépendants participent activement au trafic de méthamphétamine à l’échelle nationale ainsi qu’à la production, surtout au Québec et en Colombie-Britannique. Au cours des dernières années, les groupes criminels indo-canadiens sont devenus d’importants intermédiaires et fournisseurs d’éphédrine importée clandestinement de l’Inde pour produire de la meth au Canada. Ces groupes collaborent ou agissent comme intermédiaires pour des groupes du crime organisé de souche chinoise qui exploitent des superlaboratoires de meth en Colombie-Britannique et en Ontario. En 2007, des groupes indo-canadiens ont continué d’importer clandestinement au Canada de l’éphédrine directement de l’Inde et ont continué d’acheminer des cargaisons vers le sud de la frontière canado-américaine. D’autres individus et réseaux criminels agissent également comme grossistes de substances chimiques associées au commerce de la meth et de la MDMA. (Voir la section Précurseurs chimiques)
Saisies importantes
Faits saillants
Demande
L’héroïne est un opiacé semi-synthétique dérivé de la morphine, une substance naturelle extraite des capsules du Papaver somniferum, mieux connu sous le nom de pavot somnifère.
Très toxicomanogène, la consommation d’héroïne est devenue de plus en plus marginale chez les utilisateurs d’opiacés au Canada. De fait, des études portent à croire que l’utilisation d’opiacés sous ordonnance, souvent prescrits comme antidouleurs, est devenue la forme de consommation la plus courante.
La consommation d’héroïne demeure l’une des toxicomanies les moins courantes au Canada, à l’exception de la Colombie-Britannique. Les héroïnomanes sont marginalisés en raison de leur toxicomanie qui s’ajoute souvent à d’autres problèmes, notamment d’itinérance et de troubles mentaux. C’est la raison pour laquelle il est difficile de chiffrer avec exactitude le nombre d’héroïnomanes au Canada, même si plusieurs enquêtes ont tenté de fournir une estimation dans le passé. Malheureusement, au cours des dernières années, il n’y a pas eu de nouvelle étude pancanadienne sur la consommation de drogue14.
Offre et voies de contrebande
Pour une sixième année consécutive, l’Afghanistan demeure le premier producteur mondial d’opium, le précurseur de l’héroïne. Selon le Rapport mondial sur les drogues de 2008, le pays a considérablement accru sa production d’opium entre 2006 et 2007. Cette dernière a bondi de 34 % pour atteindre, selon les estimations, une production totale de 8200 tonnes métriques. Malgré cette hausse, le pourcentage de la production mondiale d’opium attribué à l’Afghanistan en 2007 est demeuré le même qu’en 200615, soit 92 %.
La hausse de la production d’opium en Afghanistan s’accompagne d’une hausse de la production d’héroïne. Habituellement, la transformation d’opium en morphine, puis en héroïne se faisait dans les pays avoisinants l’Afghanistan. Ces dernières années cependant, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a observé une hausse des indices de production à l’intérieur même de l’Afghanistan. Or, aucun des précurseurs chimiques nécessaires à la transformation de l’opium en héroïne, comme l’anhydride acétique, n’est produit en Afghanistan. Les autorités en déduisent donc que d’importantes quantités de substances nécessaires à cette transformation sont détournées du marché licite dans les pays avoisinants pour être introduites clandestinement en Afghanistan, où une transformation croissante d’opium en héroïne est observée.
Selon les données de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), les saisies d’héroïne ont augmenté d’environ 19 kg entre 2006 et 2007, pour atteindre un total de 112 kg. Cela est dû en grande partie à une hausse des saisies en provenance de l’Inde et du Pakistan, une tendance observée depuis 2002.
La prédominance de l’héroïne d’Asie du Sud-Ouest sur le marché canadien est le résultat d’une hausse constante depuis le début du siècle, remplaçant ainsi l’Asie du Sud-Est comme principale région source. L’Inde a de nouveau confirmé sa position de premier pays source/transit de l’héroïne importée au Canada. L’héroïne continue également d’être importée d’Amérique latine, tel que signalé par l’ASFC qui a effectué deux importantes saisies en 2007. Enfin, selon les données tirées des saisies de 2007, l’Afrique occidentale est apparue comme un point de transit pour l’héroïne destinée au Canada.
Diverses méthodes sont employées pour importer l’héroïne au Canada, notamment les services postal et de messagerie, le transport aérien ainsi que le transport terrestre, par véhicules commerciaux ou privés. En 2007, la majorité de l’héroïne importée clandestinement au Canada a emprunté le service postal, tandis que la plus grande quantité d’héroïne saisie est arrivée par messagerie.
Une multitude de méthodes de dissimulation ont été employées en 2007. Ainsi, la plupart des passagers aériens transportent la drogue dans des valises munies de compartiments secrets. Dans le cas des expéditions par fret aérien, messagerie ou service postal, la drogue est dissimulée dans des objets comme des battes de cricket, des statues en bois, des cadres, des couvertures de livres, des chandelles évidées, ainsi que de fausses doublures de serviettes en cuir.
Activités et groupes de contrebande
Avant que l’Afghanistan ne devienne le premier producteur d’opium, des groupes du crime organisé originaires d’Asie du Sud-Est dominaient le commerce de l’héroïne au Canada. Cependant, ces groupes se sont progressivement lancés dans d’autres marchés, comme les drogues synthétiques, la marihuana et la cocaïne, qui leur procurent de plus grosses marges bénéficiaires.
Profitant d’une production record d’opium ces dernières années, les groupes du crime organisé originaires d’Asie du Sud-Ouest continuent de dominer le marché de l’héroïne au Canada. Ainsi, les groupes du crime organisé indo-canadiens demeurent lourdement impliqués dans l’importation d’héroïne au Canada par le biais des aéroports internationaux de Vancouver et Toronto.
Saisies importantes16
Il y a eu deux importantes saisies d’héroïne colombienne et latino-américaine au Canada en 2007.
Saisies en route pour le Canada
Faits saillants
Demande
L’opium est un analgésique narcotique obtenu à partir de la résine qui s’écoule des capsules du pavot incisées avant maturité. Plante indigène du Sud-Est de l’Europe et de l’Asie occidentale, l’opium est couramment consommé par les hommes mûrs des classes moyennes et supérieures d’origine moyen-orientale. L’opium brut est parfois chiqué ou ingéré, mais le plus souvent fumé. Au Canada, les communautés moyen-orientales de Vancouver et Toronto sont les principales consommatrices de cette drogue illicite.
Offre et voies de contrebande
Selon l’ONUDC, en 2007, quelque 235 700 hectares étaient consacrés à la culture du pavot à opium dans le monde, ce qui représente une hausse de 17 % par rapport à 2006. La production globale d’opium a également augmenté en Asie du Sud-Est, passant de 335 tonnes métriques (tm) en 2006 à 469 tm en 2007. L’Afghanistan abrite 82 % des terres consacrées à la culture du pavot à opium, dont la majorité est concentrée dans les régions du sud du pays. La culture de l’opium a aussi augmenté au Myanmar en 2007, mais ne représente que 5 % de la production mondiale.
En juillet 2007, la toute première installation de culture de pavot a été démantelée au Canada. Des agents du Service de police de Calgary et de la GRC qui exécutaient un mandat de perquisition en vertu de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances (LRDS) dans une résidence de Calgary (Alberta), ont saisi quelque 1000 plants de pavot d’une valeur de revente estimée à 40 000 $. Une personne originaire des Indes orientales a été accusée de production et de possession de drogue en vue d’en faire le trafic.
La quantité d’opium saisie au Canada a légèrement augmenté, passant de 124 kg en 2006 à quelque 148 kg en 2007. Les quantités variaient considérablement, allant de quelques centaines de grammes à 53 kg. Dans la majorité des cas, la drogue provenait de Turquie, suivie de l’Iran.
Les modes de transport sont demeurés sensiblement les mêmes qu’au cours des années précédentes. Plusieurs saisies d’envergure ont été effectuées parmi le fret aérien et les colis envoyés par messagerie et par service postal. Dans ces deux derniers cas, la drogue était souvent dissimulée dans des emballages de chocolats industriels. Ce modus operandi a été signalé dans cinq tentatives de contrebande différentes en 2007. De l’opium a aussi été découvert dans les doublures de serviettes en cuir ainsi que dans des cadres évidés.
Activités et groupes de contrebande
Des groupes du crime organisé ayant des liens avec le Moyen-Orient figurent parmi les quelques groupes au Canada qui se spécialisent dans l’importation et le trafic d’opium.
Saisies importantes17
Saisies en route pour le Canada
Faits saillants
Demande
La demande concernant la plupart des «autres drogues synthétiques illicites» a baissé depuis l’arrivée de la MDMA et du mouvement «rave» en Amérique du Nord. Le regain de popularité de la méthamphétamine est également attribuable aux «raves». Les «raves» et les boîtes de nuit ont introduit des substances comme l’acide gamma-hydroxybutyrique (GHB) et la kétamine dans le marché illicite. Malgré une disponibilité et une consommation soutenues, ces substances n’ont jamais atteint des niveaux d’offre et de demande comparables à ceux de la MDMA et de la méthamphétamine.
Malgré la prédominance du trafic de MDMA et de meth au cours de la dernière décennie, la demande de substances courantes comme le LSD et la phencyclidine (PCP) a fluctué selon les régions, la disponibilité et les différentes populations consommatrices. Relativement nouveaux dans le marché des drogues synthétiques illicites, le GHB et la kétamine ont attiré les groupes du crime organisé, quoique dans une moindre mesure que la MDMA et la méthamphétamine. Cela s’est traduit par une plus grande disponibilité, surtout parmi les adolescents et les jeunes adultes. En 2007, la demande est demeurée stable pour ces substances. Les saisies de kétamine ont baissé par rapport à 2006. La drogue a été signalée dans l’Est et l’Ouest canadiens, mais pas de manière courante. De la kétamine se retrouve couramment dans les comprimés de MDMA.
Le trafic de produits pharmaceutiques détournés est demeuré stable depuis des décennies. En 2007, les opiacés synthétiques (dérivés d’opium) délivrés sous ordonnance continuaient d’être largement disponibles et en demande sur le marché illicite. La vaste disponibilité et l’abus d’oxycodone continuent de poser un sérieux problème dans l’Est canadien. 18 19 La contrefaçon des comprimés normalement délivrés sous ordonnance pour traiter les problèmes de dysfonction érectile continuent de poser un grave problème dans la région du Québec.
La demande de stéroïdes anabolisants sur le marché noir demeure constante chez certains groupes de consommateurs, notamment ceux qui recherchent des améliorations physiques (sportifs et adeptes du conditionnement physique).
Comme pour la meth et la MDMA, les groupes du crime organisé saisissent toutes les occasions que présente ce marché. Suivant les nouvelles tendances en matière de trafic de précurseurs et substances chimiques essentielles, des substances dites à formule modifiée20, non inscrites aux annexes, ont fait leur apparition en 2007 comme ingrédients entrant fréquemment dans la fabrication de comprimés à logo vendus comme de la MDMA. De même, ces substances sont proposées par des compagnies soit disant légitimes qui prétendent vendre des «pilules de club d’un nouveau genre» dépourvues des effets nocifs de la MDMA et de ses analogues. Il faudrait surveiller de près les stratégies utilisées pour accroître la demande de ce type de drogues.
Offre et voies de contrebande
Au Canada, depuis quelque temps, les laboratoires clandestins de PCP et de LSD ne sont plus découverts. Cependant, il est soupçonné que ces substances continuent d’être produites dans des installations clandestines au pays. Les saisies de LSD effectuées en 2007 confirment que ce commerce demeure viable, quoique limité. En mai, 50 000 doses de LSD ont été découvertes à l’aéroport international de Vancouver dans un colis expédié par messagerie à une adresse privée au Vietnam. Des feuilles de buvard imprégnées de LSD étaient dissimulées derrière les images d’un catalogue de «voitures exotiques»21. Selon les rapports régionaux, le LSD se détaille dans une fourchette de 5 $ à 15 $ la dose (comprimé ou buvard). Les saisies de PCP, substance autrefois abondamment disponible et consommée dans la région du Québec, se font rares depuis quelques années. Cependant, selon les renseignements et les rapports sur la disponibilité au niveau national, cette substance serait toujours présente dans le marché des drogues synthétiques illicites.
La kétamine, un analogue du PCP, est apparue sur le marché nord-américain des drogues synthétiques illicites dans le sillage de la vague «rave» et est souvent utilisée dans les clubs en raison de ses propriétés hallucinogènes. L’offre est alimentée à la fois par le détournement d’une partie de la production domestique légitime et par des importations clandestines de l’étranger. Dans les premières années qui ont suivi l’apparition du GHB sur le marché illicite, l’offre était abondante. Bien qu’on ait assisté à une baisse de sa popularité et du trafic au cours des dernières années, la production nationale se poursuivrait, selon les rapports, et alimenterait le gros du marché domestique22.
Les médicaments d’ordonnance offerts sur le marché illicite sont généralement le fruit d’un détournement. La situation a perduré en 2007, tandis que l’importation clandestine de médicaments dérivés de l’opium a crû. En particulier, trois importantes saisies de codéine en provenance de l’Inde ont été effectuées dans des colis postaux en direction d’Ontario. Ces saisies portaient respectivement sur 57 000 comprimés, 16 kg en poudre et un total de 78 kg en poudre dans quatre colis consécutifs. Une quantité relativement modeste d’oxycodone a été saisie dans un colis postal expédié de l’État du New Jersey (États-Unis) à destination de Montréal. Des quantités modestes de benzodiazépines ont été saisies dans des expéditions internationales. Près de 3000 comprimés de nitrazépam, un benzodiazépine principalement utilisé pour traiter l’anxiété et les crises d’épilepsie, ont été découverts dans un colis postal expédié de l’Inde à destination de l’Ontario. Enfin, un millier de comprimés de diazépam ont été saisis sur un passager aérien arrivé à Vancouver en provenance de Thaïlande.
Des sources étrangères alimentent fréquemment le marché noir canadien en stéroïdes anabolisants. En 2007, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a intercepté des quantités modérées de ces produits dans des colis expédiés par service postal ou messagerie en provenance des États-Unis, d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie. Les rapports de l’ASFC montrent une baisse importante du nombre de saisies et de la quantité totale de stéroïdes anabolisants saisis en 2007 comparé à 2006. Cependant, deux installations de fabrication de stéroïdes anabolisants ont été démantelées au Canada, ce qui indique une hausse de l’offre domestique. À Bridgewater (Nouvelle-Écosse), une installation élaborée a été découverte dans une résidence privée. Le suspect s’était procuré la matière première en Chine et produisait 16 types de stéroïdes sous forme injectable et cinq types sous forme de comprimés. Il vendait ses produits par le biais d’Internet à des clients situés au Canada et aux États-Unis23. En octobre 2007, un autre suspect a été arrêté chez lui à Toronto en possession de cinq boîtes de stéroïdes anabolisants de marque Stanobol; il travaillait avec deux compagnies basées au Canada qui vendaient illégalement des stéroïdes anabolisants par le biais d’Internet. L’enquête était liée à l’opération «Raw Deal» lancée par la U.S. Drug Enforcement Administration (DEA) dans le but de démanteler des sources d’approvisionnement en stéroïdes anabolisants aux États-Unis et, pour certaines, au Canada.
Peu d’information est disponible sur les caractéristiques de l’offre et les modes de contrebande des substances actuellement non réglementées24 (au Canada) et présentées comme des drogues de club de nouvelle génération. Cela est dû à leur nouveauté et à la place qu’elles occupent dans le marché canadien de drogues synthétiques illicites. Comme ces drogues ne sont pas encore répertoriées dans la Loi réglementant certaines drogues et autres substances (LRDS), elles sont obtenues auprès de divers fournisseurs qui les présentent comme des substances «sans danger» et qui constituent une solution de rechange légale aux drogues de rue plus dangereuses comme la MDMA et la méthamphétamine. Les trafiquants en ont profité pour utiliser certaines de ces substances dans la fabrication de comprimés présentés comme de la MDMA (Ecstasy). En octobre 2007, un total de 28 000 comprimés blancs estampillés d’une fusée, soupçonnés d’être de la MDMA, a été saisi dans un colis postal provenant d’Écosse et expédié à une adresse privée à Moncton (Nouveau-Brunswick). La drogue se trouvait dans 12 sacs dissimulés dans une distributrice électrique de boissons chaudes de 16 litres. L’analyse a révélé qu’il s’agissait en fait de pipérazine, une substance non réglementée au Canada, ce qui a conduit à retirer les accusations portées contre un résident de Moncton.
Activités et groupes de contrebande
Selon les données tirées des renseignements et des saisies, les produits pharmaceutiques détournés, notamment les dérivés de l’opium, la kétamine et l’acide gamma-hydroxybutyrique (GHB), constituent le gros du trafic dans le groupe «autres drogues synthétiques» en 2007. Si les groupes du crime organisé sont impliqués depuis plusieurs années dans le trafic de kétamine et de GHB, leur implication dans le détournement de médicaments d’ordonnance dérivés de l’opium est plus récente. Les groupes criminels indépendants semblent dominer le trafic de ce type de drogues; cependant, des groupes du crime organisé d’origine chinoise, des bandes de motards criminalisés (BMC) et des groupes criminels indo-canadiens sont également liés au trafic de kétamine, de GHB et de médicaments dérivés de l’opium. En août 2007, l’interception d’un véhicule conduit par un membre bien connu d’un groupe criminel indo-canadien sur l’autoroute 401 près d’Ottawa (Ontario) s’est soldé par la saisie de 22 000 comprimés d’oxycodone.
Comme le démontre le commerce des drogues synthétiques au Canada, les groupes du crime organisé sont dynamiques et flexibles, s’adaptant rapidement aux nouvelles tendances, aux mesures de répression et aux réglementations édictées par les gouvernements. Parallèlement, ils font preuve d’une incroyable capacité à façonner et à modifier de manière significative les contours de l’offre et de la demande. L’émergence de drogues à formule modifiée et donc non réglementées dans le commerce illicite illustre parfaitement comment le trafic de drogues synthétiques repose sur la diversification des produits et la demande existante.
Saisies importantes
Faits saillants
Demande
En 2007, l’acquisition de précurseurs chimiques entrant dans la fabrication illégale de drogues synthétiques est demeurée une activité à forte demande pour les trafiquants basés au Canada. Au cours de la dernière année, une tendance à la hausse de la demande de substances chimiques essentielles non réglementées au Canada a clairement été observée. En Colombie-Britannique et en Ontario, la large disponibilité des précurseurs et substances chimiques essentielles aurait induit une hausse de la capacité de production des laboratoires de méthamphétamine et de MDMA.
En 2007, l’éphédrine, le phosphore rouge, l’acide iodhydrique (synthèse de méthamphétamine), le MDP2P (synthèse de MDMA) et, dans une moindre mesure, le GBL (synthèse du GHB) étaient les substances réglementées les plus en demande, tandis que les cristaux d’iode (synthèse de meth), le borohydrure de sodium et la méthylamine (synthèse de MDMA) étaient les substances non réglementées les plus recherchées pour la production clandestine de drogues synthétiques. Dans leurs rapports, les organismes d’application de la loi signalent une hausse dans l’Ouest canadien de la demande en solvants chimiques auprès de fournisseurs domestiques.
Étant donné la nouvelle demande de substances chimiques non réglementées détournées, les trafiquants de drogues étaient activement impliqués, en 2007, dans l’importation de substances frelatantes de cocaïne, comme la benzocaïne et la procaïne, en provenance des États-Unis et de la Chine. L’analyse de comprimés vendus comme de la MDMA saisis en 2007 a révélé qu’ils contenaient en fait un mélange de procaïne, de MDMA et d’autres substances.
Offre et voies de contrebandes
Les pays étrangers, notamment l’Inde et la Chine, demeurent les principaux fournisseurs de substances chimiques réglementées et non réglementées utilisées dans la fabrication de drogues synthétiques illicites au Canada, même si, en 2007, une hausse des détournements sur le marché intérieur a également été observée. Au moins 20 tonnes métriques de précurseurs chimiques de MDMA et de méthamphétamine, en provenance de la Chine et de l’Inde, ont été saisis au Canada ou en route vers ce pays au cours des trois dernières années. Le nombre de saisies de ces substances a crû en 2005-2006, avant de baisser en 2007. Bien qu’il y ait eu plusieurs grosses saisies d’éphédrine en provenance de l’Inde, la quantité totale saisie a légèrement fléchi par rapport à 2006. Cependant, durant l’année écoulée, le nombre de saisies d’éphédrine au Canada a augmenté, ceci en lien avec les sources d’approvisionnement domestiques.
Bien qu’il n’y ait pas eu de saisie de MDP2P aux points d’entrée canadiens en 2007, l’ASFC à Vancouver a découvert une livraison d’une tonne de méthylamine (utilisée avec le MDP2P dans la synthèse de la MDMA) en provenance de la Chine. Tel que mentionné plus haut, la méthylamine n’est pas inscrite dans le Règlement canadien sur les précurseurs, de sorte qu’il n’est pas illégal d’en posséder. Par ailleurs, les autorités canadiennes ont saisi près de 300 kg de MDP2P sur un autre site au pays; on croit que la substance venait également de Chine.
Plusieurs raisons expliquent la baisse générale du nombre de saisies de précurseurs chimiques réglementés aux points d’entrée canadiens en 2007, notamment l’accumulation des stocks de livraisons antérieures et des importations clandestines continues non détectées. Une troisième raison, basée sur la théorie du déplacement de la criminalité, réside dans la demande croissante de substances chimiques non réglementées de la part des trafiquants de drogues. Alors que les groupes du crime organisé commençaient à perdre des livraisons en raison de la vigilance accrue des autorités au cours des dernières années, ils ont commencé à importer de l’étranger et à détourner au pays des substances chimiques non réglementées et non inscrites aux annexes pour fabriquer des drogues synthétiques illicites. L’absence de réglementation sur l’importation, la vente ou la possession de matériel de laboratoire courant, notamment de machines à comprimer, a permis aux trafiquants de s’équiper facilement. En effet, la demande continue de dicter les tendances en matière de contrebande de produits chimiques; l’objectif final étant d’acquérir toutes les substances et le matériel nécessaires et disponibles pour produire des drogues illicites qui rapportent gros.
Les substances chimiques en vrac importées clandestinement de l’étranger en 2007 étaient expédiées parmi le fret aérien ou maritime. Le système postal a également servi à importer de plus petits envois d’éphédrine, en doses ou en poudre, en provenance de l’Inde. Pour échapper à la détection, les trafiquants ont procédé à de plus petits envois en faisant sciemment de fausses déclarations. Des véhicules privés et des semi-remorques ont servi à transporter de l’éphédrine au Canada et, dans une moindre mesure, vers les États-Unis. En décembre, 205 884 gélules d’éphédrine ont été saisies dans un tracteur semi-remorque entrant aux États-Unis à partir du Canada, transportant officiellement des gélules de «gelée royale»25. Outre le détournement et le trafic de substances chimiques réglementées et non réglementées, les trafiquants ont également commis des vols pour s’en procurer. En 2007, les autorités dans l’Ouest canadien ont signalé une foule de saisies de phosphore rouge et d’éphédrine qui avaient été volés à des fournisseurs légitimes. D’autres sources d’information signalent l’utilisation fréquente d’Internet pour commander des produits chimiques auprès de fournisseurs canadiens et étrangers.
Activités et groupes de contrebande
Malgré une baisse relativement faible des saisies de livraisons internationales de précurseurs en 2007, les enquêtes et les renseignements montrent que le trafic de précurseurs et de substances chimiques essentielles est florissant. En 2007, la vente en gros de substances chimiques est devenue une activité criminelle lucrative, offrant des occasions aux groupes criminels de tous les niveaux. De plus petits groupes criminels auraient fait de juteux profits en vendant des substances chimiques à d’autres groupes ou réseaux impliqués directement dans l’exploitation de laboratoires clandestins. Certains individus et réseaux criminels servaient de grossistes et de distributeurs de substances chimiques réglementées depuis un certain temps déjà, même s’il y eut, en 2007, l’émergence d’une spécialisation dans le courtage et la distribution de substances chimiques non réglementées.
Alors qu’ils commençaient à acquérir des substances chimiques dans certains pays étrangers, les groupes du crime organisé ont modifié leurs modes de contrebande et de détournement, le choix des substances, les mélanges réactifs ou les combinaisons de drogues pour éviter toute détection au niveau national et international. Certains groupes du crime organisé d’origine chinoise ont continué de dominer l’importation et le trafic des précurseurs chimiques de meth et de MDMA, notamment dans les régions de l’Ontario et de la Colombie-Britannique. Selon une tendance déjà amorcée, les groupes criminels indo-canadiens basés dans ces régions étaient étroitement associés à l’importation clandestine au Canada d’éphédrine en provenance de l’Inde et à son acheminement vers les États-Unis. Ces groupes ont continué, en 2007, à jouer les convoyeurs ou à collaborer avec des groupes du crime organisé d’origine chinoise. Les groupes criminels d’origine vietnamienne étaient également impliqués dans la contrebande d’éphédrine sur le territoire national. Certains BMC, groupes criminels indépendants, et trafiquants individuels étaient davantage actifs dans le détournement et le trafic domestiques de substances chimiques en 2007. Ces groupes ont aussi importé et détourné des substances chimiques réglementées, mais dans une moindre mesure.
Saisies importantes
Le trafic de drogue continue de générer plus de profits que toute autre marchandise. Comme pour la plupart des crimes, les trafiquants de drogue sont animés par l’appât du gain. Cette partie du rapport explique la valeur de revente au détail des drogues saisies par les organismes d’application de la loi, ainsi que la perte de revenus qu’elles représentent pour le crime organisé. Les estimations sont basées sur les prix rapportés au pays.
Faits saillants
Dans la plupart des cas, les crimes sont motivés par l’appât du gain. Les criminels blanchissent l’argent pour dissimuler les produits de leurs activités criminelles. Pour ce faire, ils effectuent une série de transactions successives (virements télégraphiques, opérations de change et achat de biens) destinées à brouiller les pistes pour qu’il soit difficile de remonter jusqu’à l’origine des fonds. Une fois «blanchi», l’argent est réinjecté dans le système financier avec l’apparence de fonds légitimes.
Le blanchiment d’argent est particulièrement utile aux trafiquants de drogue qui sont payés en espèces. Ils amassent d’importantes sommes en petites coupures, qu’ils doivent ensuite «blanchir» selon diverses méthodes : envoi à l’étranger, par le biais d’entreprises de transfert de fonds, ou conversion dans une autre devise; investissement dans l’immobilier; exploitation d’une entreprise légitime qui leur permet de mélanger les revenus légitimes aux produits de la criminalité. Bref, les moyens ne manquent pas et, avec les progrès de la technologie, de nouveaux font leur apparition.
En 2007, la valeur totale potentielle des drogues saisies s’élevait à 2,6 milliards de dollars. Le tableau 1 affiche les quantités de drogue saisies par les agences policières canadiennes de même que les profits nets potentiels issus de la revente au détail. Aux fins du calcul des profits, les prix au détail les plus bas ont été retenus.
TABLEAU 1 : Valeur au détail des drogues saisies en 2007
| Type de drogue | Unité* | Prix unitaire ($ CAD) | Valeur |
|---|---|---|---|
| Plants de cannabis | 1 878 178 | 1000 $ | 1 878 178 000 $ |
| Herbes de Ccannabis | 49 918 000 g | 10 $ | 499 180 000 $ |
| Haschich | 227 000 g | 10 $ | 2 270 000 $ |
| Haschich liquide | 115 000 g | 10 $ | 1 150 000 $ |
| Opium | 148 000 g | 30 $ | 4 440 000 $ |
| Héroïne | 112 000 g | 180 $ | 20 160 000 $ |
| Cocaïne | 2 630 000 g | 40 $ | 105 200 000 $ |
| MDMA (Ecstasy) | 310 000 g | 200 $ | 62 000 000 $ |
| 1 374 592 doses | 5 $ | 6 872 960 $ | |
| Méthamphétamine | 170 500 g | 70 $ | 11 935 000 $ |
| 9000 comprimés | 5 $ | 90 000 $ | |
| Khât (Catha Edulis) | 28 270 000 g | 0,50 $ | 14 135 000 $ |
| TOTAL : | 2 605 610 960 $ | ||
* Le présent rapport s'appuie sur diverses sources, dont la base de données sur les drogues et substances réglementées (BDDSR) de Santé Canada qui contient de l'information sur les saisies effectuées par les différents services de police au pays. En raison des enquêtes en cours, dans certains cas, il peut y avoir un écart important entre la date de la saisie et celle où l'information est entrée dans la BDDSR. C'est la raison pour laquelle les chiffres de la BDDSR diffèrent de ceux obtenus par la GRC; la GRC ne s'est donc pas fiée uniquement aux données de la BDDSR pour compiler le présent rapport.
Les données des saisies fournies dans le présent rapport sont tirées de plusieurs sources, dont les bases de données de la GRC, l'information communiquée par l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), ainsi que la BDDSR. Toute hausse ou baisse importante des quantités saisies en 2007 ne traduit pas nécessairement des changements dans la production de drogues ou les efforts de répression des agences d’application de la loi.
Dérivés du cannabis
Le cannabis et ses dérivés continuent de représenter la quasi totalité des pertes de revenus du crime organisé puisqu’ils ont compté pour 91 % des revenus illicites totaux saisis en 2007. Cela comprend la marihuana, le haschich et le haschich liquide. La plupart des saisies étaient de la marihuana, avec une valeur de revente au détail supérieure à 2,3 milliards de dollars. Les 342 kg de haschich et de haschich liquide saisis représentent une valeur totale approximative de 3,4 M$. Le prix moyen des dérivés du cannabis est demeuré stable ces dernières années, à 10 $ le gramme.
Opium
La quantité d’opium saisie représente moins de 1 % des revenus illicites totaux saisis en 2007. Au prix de vente au détail de 30 $ le gramme, les quelque 148 kg d’opium saisis équivalent à plus de 4,4 M$. Selon les régions du Canada, l’opium se vend entre 30 $ et 150 $ le gramme.
Héroïne
La quantité d’héroïne saisie représente moins de 1 % des revenus illicites totaux saisis en 2007. Le prix de l’héroïne varie beaucoup d’une région à l’autre du pays, avec une fourchette de 180 $ à 1200 $ le gramme. Sur la base d’une valeur au détail de 180 $ le gramme, les 112 kg d’héroïne saisis au total représentent 20 M$.
Cocaïne
La quantité de cocaïne saisie représente 4 % des revenus illicites totaux saisis en 2007, toutes drogues confondues. La valeur de revente au détail de la cocaïne varie considérablement d’une ville à l’autre, allant de 40 $ à 200 $ le gramme. À 40 $ le gramme, les quelque 2630 kg de cocaïne saisis représentent une valeur potentielle de 105,2 M$.
MDMA (Ecstasy)
La quantité de MDMA saisie représente plus de 2 % des revenus illicites totaux saisis en 2007. Les 310 kg et plus de 1,3 million de doses saisis représentent une valeur de revente au détail de plus de 68,8 M$, à raison de 5 $ la dose et de 200 $ le gramme. Dans la mesure où l’Ecstasy est vendue généralement sous forme de comprimés, le prix au gramme n’est pas toujours connu. Le prix de 200 $ le gramme rapporté en Colombie-Britannique fut retenu dans ce cas-ci.
Méthamphétamine
La quantité de méthamphétamine saisie représente moins de 1 % des revenus illicites totaux saisis en 2007. La méthamphétamine a été saisie sous forme de comprimés et en poudre. Les plus de 170 kg et 9000 comprimés saisis représentent une valeur de revente au détail de plus de 12 M$, selon un prix unitaire de 5 $ le comprimé et de 70 $ le gramme.
Khât (Catha Edulis)
En 2007, plus de 28 tonnes de khât, d’une valeur de revente approximative supérieure à 14 M$, ont été saisies. Le khât est normalement vendu au gramme, à un prix stable de 0,50 $.
| 2005 | 2006 | 2007* | |
|---|---|---|---|
| Cocaïne | 2556 kg | 2676 kg | 2630 kg |
| Haschich | 438 kg | 27 730 kg | 227 kg |
| Haschich liquide | 71 kg / 68 litres | 1060 kg | 115 kg |
| Héroïne | 83 kg | 93 kg | 112 kg |
| Khât | 17 411,5 kg | 13 917 kg | 28 270 kg |
| Marihuana | 2 055 715 plants / 56 226 kg |
1 749 057 plants / 13 154 kg |
1 878 178 plants / 49 918 kg |
| MDMA (Ecstasy) | 3 200 000 doses | 3 000 347 doses | 1 374 592 doses |
| Méthamphétamine | 58 434 kg / 2000 comprimés | 58 506 kg | 170 500 g / 9000 comprimés |
| Opium | 16 kg | 124 kg | 148 kg |
Le présent rapport s'appuie sur diverses sources, dont la base de données sur les drogues et substances réglementées (BDDSR) de Santé Canada qui contient de l'information sur les saisies effectuées par les différents services de police au pays. En raison des enquêtes en cours, dans certains cas, il peut y avoir un écart important entre la date de la saisie et celle où l'information est entrée dans la BDDSR. C'est la raison pour laquelle les chiffres de la BDDSR diffèrent de ceux obtenus par la GRC; la GRC ne s'est donc pas fiée uniquement aux données de la BDDSR pour compiler le présent rapport.
Les données des saisies fournies dans le présent rapport sont tirées de plusieurs sources, dont les bases de données de la GRC, l'information communiquée par l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), ainsi que la BDDSR. Toute hausse ou baisse importante des quantités saisies en 2007 ne traduit pas nécessairement des changements dans la production de drogues ou les efforts de répression par les agences d’application de la loi.
Laboratoire personnel : Laboratoire destiné à satisfaire les besoins de consommation personnelle d’un toxicomane. Ce type de laboratoire a une capacité de production de quelques grammes ou onces.
Méthode de réduction de Birch : Processus de synthèse extrêmement instable employé dans la fabrication de méthamphétamine. Elle ressemble peu à la méthode basée sur le phosphore rouge, mise à part l’utilisation d’éphédrine ou de pseudoéphédrine comme principal précurseur. En effet, la méthode de réduction de Birch est basée sur un tout autre groupe de composés chimiques essentiels qui sont très dangereux, dont l’ammoniac anhydre et certains métaux comme le lithium ou le sodium. Ce sont des produits chimiques fortement réactifs qui rendent le processus de synthèse extrêmement dangereux. Cette méthode ne produisant que de petites quantités de méthamphétamine, fait en sorte qu’elle se retrouve principalement dans les laboratoires personnels. Avec l’apparition grandissante des superlaboratoires de meth ces dernières années, la méthode de réduction de Birch tend à être moins utilisée.
Crack : Le crack est un dérivé de la cocaïne converti à partir de chlorhydrate de cocaïne.
Méthode de réduction d’éphédrine ou de pseudoéphédrine au moyen d’une réaction avec du phosphore rouge et de l’acide iodhydrique : Procédé de synthèse bien connu pour produire de la méthamphétamine et qui consiste à réduire de l’éphédrine ou de la pseudoéphédrine au moyen d’une réaction à l’aide de phosphore rouge et d’acide iodhydrique. Cette méthode, d’abord relevée en Californie, est ensuite devenue courante dans les laboratoires de méthamphétamine exploités par des groupes du crime organisé mexicains. Plus tard, elle a été reprise par des trafiquants en Colombie-Britannique avant de se répandre partout au pays.
Substance chimique essentielle : Toute substance chimique, autre que les précurseurs de catégorie A ou B, qui sont indispensables au processus de synthèse d’une drogue ou substance réglementée, sans toutefois nécessairement faire partie de sa composition chimique. C’est le cas de la méthylamine et du borohydrure de sodium.
GBL : Acronyme de gamma-butyrolactone, un précurseur utilisé dans la synthèse du gamma-hydroxybutyrate (GHB).
GHB : Acronyme de gamma-hydroxybutyrate, une drogue figurant à l’Annexe III et synthétisée à l’aide de gamma-butyrolactone (GBL) et de cristaux blancs appelés hydroxyde de sodium. Autrefois populaire chez les culturistes pour ses effets stimulateurs de l’hormone de croissance, le GHB est devenu une drogue de fête populaire dans les années 1990 en raison de ses effets dépresseurs et aphrodisiaques.
Kétamine : La kétamine, un analogue de la phencyclidine (PCP), est apparue sur le marché nord-américain des drogues synthétiques illicites dans le sillage de la vague «rave» et est souvent utilisée dans les clubs pour ses propriétés hallucinogènes.
LSD : Acronyme anglophone du diéthylamide de l'acide d-lysergique. Un hallucinogène synthétique, le LSD est une drogue très puissante, généralement vendue sous forme de buvard imbibé, et occasionnellement diluée dans divers liquides. Il n’a ni couleur, ni odeur.
MDP2P : Acronyme du méthylènedioxyphényle-3,4 propanone-2, un précurseur chimique nécessaire à la synthèse de la MDMA.
MDMA : Inscrite à l’Annexe III de la LRDS, la MDMA, ou méthylènedioxy-3,4 méthamphétamine, est un hallucinogène synthétique aux propriétés semblables à celles de l'amphétamine. Communément appelée «Ecstasy», elle est vendue en poudre ou sous forme de comprimés ou de capsules. Apparue dans les années 1990 à la faveur du mouvement «rave», la MDMA est restée populaire dans les clubs et fêtes.
Méthylamine : Substance chimique utilisée avec le MDP2P dans la synthèse de la MDMA. La méthylamine n'est pas inscrite dans le Règlement canadien sur les précurseurs, de sorte qu'il n'est pas illégal d'en posséder.
PCP : Acronyme du phencyclidine. Le PCP est un hallucinogène très puissant qui produit une réaction de dissociation avec l’environnement et inhibe la perception de la douleur durant la période d’intoxication. Le PCP est toujours disponible sur le marché illicite canadien, quoique sa popularité ait diminué durant la dernière décennie.
Précurseurs chimiques : Groupe de substances chimiques utilisées dans la production de drogues synthétiques comme la MDMA et la méthamphétamine, et qui sont essentielles à la fabrication de ces drogues et d’autres substances réglementées.
1 Selon le Rapport mondial sur les drogues 2008 de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), le cannabis continue d’être la drogue illicite la plus répandue, avec près de 166 millions de consommateurs à l’échelle planétaire. L’Océanie affiche le plus haut taux de consommation, suivie de l’Amérique du Nord et de l’Afrique. Cependant, on enregistre également une hausse importante de la consommation en Amérique du Sud.
2 Les données nationales sur la demande de substances illicites n’ont pas été mises à jour depuis l’Enquête sur les toxicomanies au Canada de 2004. Selon des enquêtes menées l’an dernier auprès d’étudiants de différentes provinces canadiennes, la consommation de marihuana atteindrait des proportions allant de 21,3 % à 32,4 % selon les régions. Cependant, il est difficile d’extrapoler ces résultats à la population adulte en général.
3 Selon le document Frontière canado-américaine – Évaluation de la menace liée à la drogue 2007, 2,6 % de la marihuana saisie par la US Customs Border Patrol à la frontière canado-américaine provenait du Canada; Le Mexique demeurant le principal fournisseur des États-Unis.
4 La hausse des quantités de marihuana saisies, de 13 154 kg en 2006 à 49 918 kg en 2007, coïncide avec un changement dans les méthodes de collecte de données utilisées par les organismes d’application de la loi et Santé Canada. La hausse significative des quantités saisies en 2007 ne traduit donc pas nécessairement une hausse de la production ou un changement dans les efforts de répression.
5 Saisies de haschich et de haschich liquide tirées des rapports mensuels de l’ASFC et de dossiers de la GRC.
6 Au moment où nous rédigions ces lignes, l’Enquête sur les toxicomanies au Canada de 2004 était la plus récente étude disponible sur la prévalence de l’usage des drogues dans la population adulte au Canada. Selon le document Consommation d'alcool et de drogues par les jeunes - Une enquête nationale sur la consommation d'alcool et d'autres drogues par les Canadiens - Enquête sur les toxicomanies au Canada (ETC) de 2007, la prévalence de la consommation de cocaïne durant l’année écoulée chez les jeunes canadiens âgés de 15 à 24 ans s’établissait à 5,5 %, avec une plus grande proportion de Canadiens (7,2 %) que de Canadiennes (3,6 %) déclarant avoir consommé. Cependant, il est difficile d’extrapoler les résultats d’enquêtes menées auprès d’étudiants à la population adulte générale. (Enquête sur les toxicomanies au Canada : Consommation d’alcool et de drogues par les jeunes, 2007, p.64)
7 Saisies de khât tirées des rapports mensuels de l’ASFC et de dossiers de la GRC.
8 Fait intéressant, deux autres laboratoires de MDMA, l’un installé dans un entrepôt commercial démantelé en juin et l’autre sur une réserve autochtone fédérale démantelé en juillet, étaient également présentés comme des usines de biodiésel.
9 Les trafiquants de drogues synthétiques changent et affinent continuellement leurs stratégies de marketing pour mieux écouler leurs produits. En 2007, ils ont utilisé de la colle scintillante («glitter glue») pour améliorer l’apparence des comprimés de MDMA.
10 Chiffres obtenus auprès d’organismes d’application de la loi des États-Unis.
11 Les comprimés contenant un assortiment de substances et présentés comme de la MDMA permettent aux trafiquants d’accroître leur production et, conséquemment, leurs marges bénéficiaires.
12 En 2007, des groupes criminels indo-canadiens continuaient d’être impliqués dans la contrebande de précurseurs chimiques entrant dans la fabrication de méthamphétamine, notamment l’éphédrine, de l’Inde vers le Canada.
13 Selon les rapports des autorités canadiennes, un gramme de méthamphétamine se vend 900 $ CAD au Japon, soit environ 10 fois son prix sur le marché nord-américain.
14 Au moment où nous rédigions ces lignes, l’Enquête sur les toxicomanies au Canada de 2004 était la plus récente étude disponible sur la prévalence de l’usage des drogues dans la population adulte au Canada.
15 Cela pourrait être attribuable à un changement dans la quantité produite par d’autres pays comme le Laos, le Mexique, le Pakistan et le Myanmar.
16 Saisies d’héroïne tirées des rapports mensuels de l’ASFC.
17 Saisies d’opium tirées des rapports mensuels de l’ASFC.
18 Les rapports régionaux continuent de faire état de l’abus d’hydromorphone en 2007, quoique dans des proportions bien moindres que l’oxycodone.
19 Les rapports émanant de ces régions lient la hausse de la demande de médicaments sous ordonnance à base d’opiacés aux prix relativement bas de ces substances combinés à leurs puissants effets.
20 Au Canada, ces substances sont apparues sur le marché illicite, principalement dans des comprimés présentés comme de la MDMA. Elles comprennent : le pipérazine, le 1-benzylpipérazine (BZP), le 2C-B, le 1-(3-chlorophényl) pipérazine (mCPP), le 3-TMFPP et le 5-MeO-DIPT (Foxy-Methoxy)
21 Selon les rapports de la région de l’Atlantique, plusieurs saisies de LSD effectuées en 2007 concernaient des quantités plus petites allant de 5 à 800 doses. Une saisie de drogues multiples effectuée à un point d’entrée de l’État du Montana aux États-Unis a porté sur 2000 comprimés de MDMA et 715 de LSD, découverts dans le véhicule de deux citoyens des États-Unis de retour du Canada.
22 La large disponibilité rapportée du GBL, un précurseur du GHB, sur le marché des précurseurs chimiques illicites, vient confirmer la continuité de la production de GHB.
23 Fait intéressant, la même personne produisait également des comprimés contrefaits de Viagra et de Cialis (médicaments contre les dysfonctions érectiles), le plus souvent offerts sur le marché illicite au Québec.
24 Santé Canada a émis des mises en garde sur les risques associés à la consommation de bon nombre de ces substances. Le ministère mène actuellement des évaluations visant à déterminer si certaines de ces substances devraient être réglementées en vertu de la LRDS.
25 Comme pour les années précédentes, l’éphédrine en vrac en poudre et en comprimés était la substance la plus couramment trafiquée du Canada vers les États-Unis. L’utilisation de gélules pour la dissimuler est digne de mention.