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La violence dans les fréquentations

Par « violence dans les fréquentations », on entend un acte délibéré de violence (physique, sexuelle ou psychologique) par un partenaire dans une relation. Il s'agit d'un abus de pouvoir, car une personne essaie de contrôler l'autre. Une personne peut être victime d'un seul incident de ce type de violence ou d'une série de plusieurs types d'incidents. Cette forme de violence peut survenir dans n'importe quel type de relation, peu importe l'orientation sexuelle d'une personne, son âge ou son sexe; les hommes et les femmes peuvent être victimes de violence dans les fréquentations.

La technologie est très souvent utilisée dans la violence dans les fréquentations et peut faire partie des moyens employés pour exercer divers types de violence. Une personne peut, notamment, envoyer une quantité excessive de messages textes, publier des messages non désirés sur des sites Web de réseautage social, exiger de connaître le mot de passe de son partenaire, etc.

Types de mauvais traitements

La violence dans les fréquentations peut prendre diverses formes :

Type de mauvais traitements Définition Exemples
Violence psychologique La violence psychologique consiste à utiliser des mots ou à agir de façon à contrôler quelqu'un, à lui faire peur, à l'isoler ou à lui ôter sa dignité. On parle aussi parfois de violence émotive. Humiliation, intimidation, contrôle de ce qu'une personne peut porter ou qui elle peut fréquenter. Il peut aussi s'agir de menaces, d'isolement, d'indifférence, de rejet, etc.
(ministère de la Justice)
Négligence psychologique La négligence psychologique survient lorsqu'une personne est privée des soins de base nécessaires à son bien-être psychologique et affectif. Manque de reconnaissance, d'amour, de sécurité et d'estime de soi.
Violence physique Tout acte non accidentel qui entraîne un traumatisme ou une blessure physique. Elle constitue aussi des voies de fait. Coups de pied, coups de poing, bousculades, tapes, brûlures, etc.
Violence sexuelle Lorsqu'une personne en oblige une autre à se livrer à des activités ou attouchements sexuels. On parle de violence sexuelle lorsqu'une personne dans la relation n'est pas consentante ou est trop jeune pour consentir (ministère de la Justice). Attouchements non désirés ou inappropriés, agression sexuelle, contraindre une personne à des rapports sexuels, à être témoin d'actes sexuels, à regarder un film ou à lire une histoire pornographique.
(Jeunesse, J'écoute)
Harcèlement/ harcèlement criminel Conduite répétée à l'endroit d'une personne qui amène celle-ci à craindre pour sa sécurité. Il n'y a pas nécessairement de préjudices physiques. Le harcèlement peut être de nature sexuelle ou non. Traque furtive, commentaires sexuels non souhaités, appels téléphoniques persistants, suggestions sexuelles non désirées, etc.
(Jeunesse, J'écoute)

Cycle de violence

Comme dans le cas de la violence dans les relations intimes, la violence dans les fréquentations se produit souvent selon un cycle continu et qui ne peut être brisé dans aide extérieure.

  • Au début de la relation, tout semble normal, voire même parfait. Le couple s'entend vraiment bien et aime passer du temps ensemble.
  • Puis il y a des stresseurs qui commencent à exercer de la pression sur la relation (difficultés scolaires, attentes élevées sur le plan sportif, etc.). Un partenaire peut sentir le besoin de marcher sur des œufs en présence de l'autre personne et faire tout son pouvoir pour la rendre heureuse.
  • Par la suite, la tension monte et la colère finit par éclater. Violence physique, psychologique et sexuelle, humiliation et harcèlement peuvent s'ensuivre.
  • Après l'incident, la personne violente rationalisera et justifiera son comportement en blâmant les autres ou des problèmes personnels pouvant leur causer du stress. Elle s'excusera de sa conduite et promettra que cela ne se reproduira plus jamais. Peu de temps après, le cycle recommence habituellement.

(Sources : Ministère de la Justice – La maltraitance est inacceptable, Manitoba Justice – Cycle de la violence)

Pourquoi une personne reste-t-elle dans une relation violente?

  • La relation lui donne un sentiment d'appartenance qu'elle n'éprouve pas ailleurs.
  • Il peut s'agir de sa première relation amoureuse et elle souhaite que la relation dure le plus longtemps possible.
  • Elle peut craindre ce que les autres penseront si la relation prend fin.
  • Elle peut penser que les problèmes dans la relation sont de sa faute et sentir que c'est à elle de les régler – ce sentiment est souvent renforcé par le partenaire violent, qui blâme la victime pour tout ce qui ne va pas.
  • La victime peut croire que la jalousie et la possessivité sont des marques d'amour et d'attention sincères, plutôt qu'une façon pour l'autre de la contrôler.
  • Le partenaire violent peut s'excuser et regretter son comportement, et la victime peut en venir à espérer que tout s'arrangera.
  • La victime peut croire qu'elle aidera ou changera son partenaire.
  • Le partenaire violent peut menacer de blesser la victime, sa famille, ses amis ou son animal de compagnie si elle le quitte.
  • La victime peut ne pas vouloir que ses parents lui fassent un sermon. C'est particulièrement vrai si les parents n'aimaient pas le petit ami ou la petite amie dès le départ.

Signes avant-coureurs

Une relation peut être violente si une personne :

  • a des ecchymoses inexpliquées ou des explications douteuses pour ses blessures;
  • adopte des comportements dangereux (p. ex. consommation de drogues et d'alcool)
  • s'éloigne de ses amis et de sa famille;
  • connaît une baisse dans son rendement scolaire;
  • agit différemment lorsqu'elle est en compagnie de son partenaire (elle ne s'affirme pas);
  • semble être contrôlée par son partenaire et n'est pas capable de prendre des décisions par elle-même;
  • est humiliée ou critiquée par son partenaire en présence d'autres personnes;
  • essaie de changer le sujet si on lui pose des questions sur le comportement de son partenaire;
  • reçoit constamment des messages textes de son partenaire qui exige de savoir où et avec qui elle se trouve;
  • est obligée de donner les mots de passe de ses comptes de réseaux sociaux à son partenaire. (Croix-Rouge canadienne)

Répercussions

Répercussions sur la santé

La violence dans les fréquentations a des répercussions à court et à long terme. Les répercussions varient d'une personne à l'autre et peuvent comprendre les problèmes suivants :

  • diminution de l'estime de soi, de la confiance en soi et du sentiment de sécurité d'une personne;
  • effet néfaste sur le développement ou la capacité de fonctionner d'une personne;
  • préjudice physique;
  • dépression;
  • anxiété;
  • trouble de stress post-traumatique;
  • infections transmises sexuellement (ITS) ou transmission du VIH ou du SIDA;
  • dans les cas extrêmes, la violence dans les fréquentations peut même entraîner la mort

La violence dans les relations à l'adolescence peut ouvrir la porte à des relations violentes à l'âge adulte; d'après certains rapports, les personnes qui sont victimes de violence à l'adolescence risquent trois fois plus de l'être à l'âge adulte. (Fin à la violence faite aux femmes et aux filles)

Conséquences juridiques

Ce n'est pas toutes les formes de violence psychologique que l'on considère des crimes et le Code criminel ne comporte aucune infraction désignée « violence dans les fréquentations ». Cela dit, on y trouve différents genres de violence : voies de fait, agression sexuelle, le défaut de fournir les choses nécessaires à l'existence, proférer des menaces, le fait de tenir des propos indécents au téléphone ou de faire des appels téléphoniques harassants et l'intimidation, qui constituent tous des infractions aux termes du Code criminel (ministère de la Justice).

Mesures à prendre

En tant que jeune

Si tu es victime de violence dans les fréquentations :

  • Si tu souhaites mettre un terme à une relation et que tu crains pour ta sécurité, compose le 9-1-1 ou communiquez avec le service de police local immédiatement.
  • Sache que ce n'est pas ta faute et que tu n'es pas seul. Personne ne mérite d'être maltraité.
  • Parles-en à une personne en qui tu as confiance, comme un ami, tes parents, ton conseiller en orientation ou un enseignant.
  • Tu peux aussi obtenir du soutien en communiquant par téléphone ou par courriel avec Jeunesse, J'écoute (1-800-668-6868), un service gratuit et tout à fait confidentiel pour les jeunes.

En tant qu'adulte

Si vous soupçonnez ou savez qu'une personne est victime de violence dans les fréquentations :

  • Composez le 9-1-1 ou communiquez avec le service de police local si vous croyez que la vie de cette personne est en danger.
  • Prêtez attention aux signes. Parlez à la personne. Assurez-vous qu'elle sait qu'elle peut vous faire confiance et que vous êtes là pour l'aider et la soutenir.
  • Encouragez-la à demander de l'aide. Si la personne hésite à obtenir de l'aide, vous ne pouvez pas l'obliger à le faire, mais vous pouvez lui fournir de l'information ou la diriger vers diverses ressources comme Jeunesse, J'écoute ou celles figurant à la page des ressources. (GRC)