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Autochtones portés disparus et assassinés

Contexte

La GRC fait enquête sur tous les cas de meurtre et de disparition qui surviennent sur son territoire de compétence, sans égard au sexe, à l'origine ethnique, au passé ou au mode de vie de la personne disparue ou assassinée. Il en découle que seules les circonstances propres à chaque cas déterminent le choix des ressources et des outils employés pour l'enquête.

Cela dit, il est nécessaire de se pencher sur le fait que les femmes autochtones courent un risque considérablement plus élevé que les autres d'être victimes de violence et d'homicide. D'après les données de Juristat (Statistique Canada) de 2009 , les femmes autochtones courent près de trois fois plus de risques d'être la cible d'actes de violence que les femmes non autochtones. Elles sont en outre surreprésentées à titre de victimes d'homicide.

La GRC collabore avec ses partenaires du milieu de la police pour s'attaquer directement au problème des personnes disparues et assassinées, notamment les femmes autochtones.

Notre action

La GRC a reçu un financement particulier pour élaborer et mettre en œuvre une stratégie permettant de s'occuper des personnes disparues et des restes non identifiés, notamment des Autochtones.

Plus précisément, la GRC est chargée :

  • de fonder le Centre national de soutien policier pour les personnes disparues et les restes humains non identifiés au sein du Centre canadien de police pour les enfants disparus et exploités; grâce à cette initiative, nous nous assurons de disposer des ressources nécessaires pour continuer à enquêter sur ce genre de cas et explorer toutes les avenues possibles; le centre emploie un policier autochtone d'expérience des Services nationaux de police autochtones qui s'occupe exclusivement de la question des femmes autochtones disparues;

  • de créer un registre national des personnes disparues et des restes non identifiés afin que les services de police de l'ensemble du pays aient accès à des renseignements détaillés sur les personnes disparues;
  • d'enrichir la base de données du Centre d'information de la police canadienne (CIPC); le CIPC est un système national d'échange d'information qui met en rapport les partenaires canadiens et étrangers responsables de la justice pénale et de l'application de la loi; les améliorations prévues, dont bénéficieront les organismes canadiens d'application de la loi, y compris les bureaux du coroner des provinces, permettront l'entrée de données supplémentaires sur les personnes disparues, y compris des photos, ce qui devrait faciliter la conduite des enquêtes;
  • de créer un site Web national qui devrait être accessible à tous en 2012; ce site, où sera affichée de l'information sur les affaires auxquelles nous travaillons activement, permettra aux citoyens de fournir de l'information et des indications relatives aux cas de femmes assassinées et portées disparues;
  • de fournir aux organismes d'application de la loi une formation d'appoint sur l'emploi efficace du CNSPPPD et des outils nouveaux ou améliorés qui seront mis à leur disposition au cours de l'année financière 2011-2012.

Groupes de travail consacrés aux femmes portées disparues

Afin de veiller à santé et à la sécurité des femmes autochtones, la GRC collabore avec un certain nombre de partenaires, parmi lesquels d'autres organismes d'application de la loi, des ministères provinciaux et territoriaux, des organismes autochtones et non autochtones ainsi que la population en général.

De plus, la GRC dirige, partout au pays, divers groupes de travail chargés d'examiner des dossiers de femmes portées disparues, notamment de femmes autochtones.

  • Des membres de la GRC et du Service de police de Winnipeg ont mis sur pied le projet Devote, soit une approche à deux volets pour enquêter sur des homicides non résolus et des cas suspects de personnes disparues concernant des femmes exploitées ou à risque.
  • En 2006, la GRC a lancé le projet E-PANA , dans le cadre duquel une équipe attitrée d'enquêteurs continue d'examiner un certain nombre de dossiers concernant des femmes portées disparues ou assassinées dans le District Nord et la région du centre de la Colombie-Britannique (où se trouve la portion de l'autoroute 16 surnommée « l'autoroute des pleurs », entre Prince Rupert et Prince George).
  • En 2003, avec l'aide du service de police d'Edmonton, la GRC a mis sur pied le projet KARE , consacré à l'étude des circonstances du décès de plusieurs « personnes disparues à risque élevé » dont le corps a été retrouvé dans des zones rurales aux alentours d'Edmonton.
  • En 2001, la GRC et le service de police de Vancouver ont fondé le projet Even-Handed , une enquête menée sur 68 femmes portées disparues ou assassinées provenant du quartier Downtown Eastside de Vancouver et de ses environs. Dans 33 de ces cas, un lien a été fait avec les activités criminelles de Robert Pickton. Le projet se poursuit relativement aux autres cas, et il se poursuivra tant que les pistes d'enquête n'auront pas toutes été explorées.

En affectant ressources et personnel à l'analyse des dossiers de personnes assassinées et portées disparues et à la conduite d'enquêtes sur ces affaires, la GRC définit des pratiques exemplaires qui peuvent profiter à tous les organismes chargés d'enquêter sur des cas semblables. Jusqu'ici, les efforts de la GRC ont permis de résoudre ou de faire avancer plusieurs affaires.

Association des femmes autochtones du Canada

Q.1. De quelle manière la GRC collabore-t-elle avec l'Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) en ce qui touche les cas de femmes autochtones assassinées ou portées disparues?

R.1. Grâce à son partenariat avec l'AFAC, la GRC a contribué à l'élaboration d'un guide communautaire intitulé «  Que faire si une personne disparaît?  », destiné à être utilisé, à l'intérieur de leur communauté, par les proches de personnes portées disparues. Ce guide est une ressource précieuse dont la GRC recommande la lecture à ses membres et aux collectivités qu'elle sert.

Q.2. La GRC se sert-elle des renseignements contenus dans la base de données de l'AFAC?

R.2. Les bases de données de la police constituent notre principale source d'information, mais la GRC recueille volontiers tout renseignement pouvant se révéler utile à une enquête. Nous continuerons à travailler avec l'AFAC afin de veiller à la santé et à la sécurité des communautés autochtones.